Blog'in giru

24 août 2013

A LA RENCONTRE DU THÉÂTRE

Publié par blog'in giru dans théâtre

 Entre humour et sensibilité

bbbbbbbbbbbbbbbb
A LA RENCONTRE DU THÉÂTRE  dans théâtre romeo-et-juliette1-300x114

Alexandre Oppecini propose

ROMEO ET JULIETTE,

LA RENCONTRE

 Rencontre didactique et tendre

avec un grand texte 

Ah ! Le théâtre, sa magie, sa poésie !

Nous le recevons avec le bonheur des émotions transmises.

Mais de quoi est-il fait ? Comment fabrique-t-on un beau spectacle ? Comment fait-on vibrer les spectateurs que nous sommes ?

C’est avec cette question qu’Alexandre Oppecini nous interpelle.

Ce jeune homme a depuis 2003 plongé dans le monde de la scène, endossant tour à tour le  rôle de l’acteur, du traducteur, de l’auteur, du metteur en scène ou du formateur. La fréquentation des planches et des plateaux et surtout des ateliers de théâtre qu’il anime lui a fourni matière à l’écriture d’une jolie pièce où il nous livre son expérience au contact des jeunes acteurs confrontés ici à un texte majeur, la scène du balcon dans le « Roméo et Juliette » de Shakespeare.

La situation est simple : deux acteurs et le metteur en scène sont en répétition pour travailler cette scène mythique. Au cours de cette séance nos trois personnages font l’expérience des difficultés rencontrées, tant sur le plan du jeu des acteurs, du rôle du metteur en scène dans l’appropriation d’un texte, que sur le plan des relations qui s’établissent au sein du duo d’acteurs et entre les acteurs et le metteur en scène.

C’est avec beaucoup d’humour et de tendresse qu’Alexandre Oppecini nous donne à voir un panel des écueils qui attendent les acteurs face à ce texte tant joué : grandiloquence, exagération, incapacité à faire sienne une telle situation dans un contexte peu actuel, avec son corollaire, l’intellectualisation à outrance, la peur des clichés. C’est aussi l’occasion faire découvrir des difficultés plus techniques comme le placement de la voix, l’articulation, la concordance des déplacements avec les éléments textuels, et puis surtout l’énergie que requiert le jeu théâtral si différent du jeu à l’écran avec ses voix murmurées et ses gros plans.

C’est le metteur en scène qui doit alors trouver des voies pour guider ses acteurs de la situation décrite vers leur propre imaginaire en passant par le concret, l’ambiance qui en émane. Il reviendra parfois à la lecture simple du texte, fera appel à la sincérité des acteurs en utilisant leur propre vécu comme les sentiments  sur le vif dans l’atmosphère parfois houleuse du plateau de répétition.

Il devra gérer les relations entre acteurs, leur difficulté à se livrer et à se comprendre. Leur regard l’un envers l’autre peut être critique, rude et teintée de moquerie. Les réactions sont parfois exacerbées, la colère, la jalousie, la raillerie s’invitent insidieusement, la légitimité des uns et des autres est remise en cause. Il faudra beaucoup de savoir faire au metteur en scène pour faire se rencontrer des personnalités qui se toisent et les faire se connaître mieux et s’accepter. Par des exercices de lâcher prise, par le travail de concentration, par l’humanisation des sentiments qui doivent prendre vie sur scène, il rapproche le vécu des acteurs avec les personnages interprétés. Il les amène à mettre en œuvre des sentiments complexes,  en faisant sentir la pression, en les troublant, en les poussant dans leurs retranchements, mais aussi en leur laissant le temps de digérer les indications ou de s’exprimer, en les rassurant et en leur montrant qu’ils ont compris le texte. C’est avec tact qu’il ménage les susceptibilités, qu’il s’adapte aux acteurs qu’il a choisi aussi bien sur les plans physique que moral, qu’il fait face à leurs caprices, et qu’il se confronte parfois à une remise en cause de sa propre légitimité.

Puis la glace se brise, la gêne et la pudeur se tournent en complicité et la magie opère.

Peu importe le lieu, les décors, les costumes, tout ceci reste accessoire.

Quelque soit l’auteur et son texte, aussi imposants de notoriété soient-ils, l’alchimie prend corps par le truchement du rapport humain.

C’est en tout cas la vision d’Alexandre Oppecini qui nous a convié avec « Roméo et Juliette, la rencontre » à une belle rencontre avec le texte d’un grand auteur qu’il aborde avec passion, à une belle rencontre avec le travail d’acteur sur lesquels il porte un regard tendre, à une belle rencontre avec le travail de metteur en scène où il se met lui-même en scène avec humour.

Le langage est actuel et les références aussi, pour mieux souligner l’universalité des situations et des sentiments.

 

Pour les amoureux du théâtre

Pour tous ceux que les textes classiques rebutent

Pour les jeunes qui veulent découvrir la pratique théâtrale

Cette pièce didactique est un régal, drôle, tendre et sensible et nous fait cheminer jusqu’à la scène finale qui restitue avec force les émotions subtiles de ce magnifique texte de Shakespeare.

 

Restons à l’affut de ces deux jeunes acteurs et de leur metteur en scène.

A suivre…

 

Avec   Léopoldine SERRE  (Juliette)

Robin Causse (Roméo)

Alexandre OPPECINI (lui même)

contact :

M. Alexandre OPPECINI

A la Compagnie Spirale

80 Route de San Martino

20200 Pietranera

06 15 37 87 49

alexoppecini@yahoo.com

lacompagniespirale@yahoo.com

24 juin 2013

SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES EN POÉSIE

Publié par blog'in giru dans littérature, Poésie

 Entre mélancolie et simplicité du bonheur

SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES                                EN POÉSIE  dans littérature u-minimu-gestu-296x300

 Un livre où l’émotion mêle mots et pigments

U MINIMU GESTU

LE MOINDRE GESTE

 Stefanu Cesari è Badia

Se souvenir des belles choses…

Ce sont les mots qui se sont imposés à moi à la lecture de ce recueil de Stefanu Cesari.

Mais rien de très explicite dans ce sentiment extrêmement personnel qui m’emporte dans les contrées familières et lointaines à la fois, cet objet, le livre, son papier crème, et les mots qui forment des phrases ? des textes ? une histoire ? et les peintures aux couleurs vives qui bousculent par leur tristesse et leur désespoir, comme un cri muet.

Eppuru, ùn ci aghju vistu tristessa. Paradossu di a puesia, chì ci face dì tuttu è u cuntrariu, chì ci porta gioia è malancunia, è chì ci lascia sbrembati, stunati, suspesi à u mumentu pueticu… senza capì.

Ssu caminu pueticu, l’aghju fattu nant’à parechji piani.

Cio chì si porta à i mo sensi sò e parolle di lume è di culore chì accumpagnanu l’estri, i visi, i corpi, e mane, i sguardi, carne, sangue, frebbe. E voce.

Et puis bien sûr, dessinant à la fois les espaces et le rythme du temps, ce sont toutes ces parcelles de vie, pezzi, pezzucci di vita chì fila, da u tavulinu à l’arburu, à a pagina, de la fourmi rouge au crépitement du feu, sse stonde di vita cuttidiana, paisaghji o minimu rimore, l’acqua, a terra, les pierres et la chaux, les ronces. Espace blanc de la langue, espace froid de la grammaire.

Les gestes et les sentiments, esquissés, accompagnent les lignes de temps, ligne de partage franchie, mesure d’un pas, mesure du jour…

I gesti sò simplici ma cuntenenu tuttu, cumè l’insemi matematichi limitati detti « discretti » chì cuntenenu l’infinitu, cumè trà zeru è unu.

Il y a des lenteurs et il y a des élans, des fatigues et du rêve, de l’existence, de l’attente, de la patience.

A puesia micca solu linguaghju di i gesti è di u muvimentu ma a puesia, un lingughju chì si sbucina, cù u so propiu muvimentu. A lingua intreccia e parolle, si cansa in altri canti chè quelli detti cumè un sguillu daretu a ligna tesa.

Ce glissement s’opère dans une sorte de détournement de la langue ordinaire, una tensione chì scumove, una resistenza semantica, glissement vers des images nouvelles, ma forse ognunu hà e soie stesse.

En français les sonorités, la syntaxe créent des rythmes étranges, les enjambements portent à l’inconfort, créant des accentuations qui répondent à celle de la langue corse en vis-à-vis.

E voce venenu à ficcassi trà e ligne, filari di vita, soffiu d’ùn si sà quale, chì s’invita, disjonction poétique qui ébranle la compréhension et qui renvoie aux seuls sens et non au sens.

U mumentu è l’eternu.

Le continu et le discontinu.

A prisenza è l’assenza.

U francese è u corsu.

E voce è u silenziu.

Le vague et le détail.

Le pérenne et l’éphémère.

L’organicu è u minerale.

I culori è u grisgiu.

L’ombre et la lumière.

Les fantômes et les vivants qui tous nous visitent.

L’enfance et la mort.

A tensione è a pace.

La légèreté des instants, la pesanteur parfois.

U passatu è u prisente.

La chose dite et le non dit.

A sustenza è u viotu.

Le réel et le rêvé.

L’astrattu è u cuncrettu.

A lingua di u cuncrettu essendu piuttostu u corsu, le français de Stefanu Cesari, dans les déséquilibres  créés laisse plus de place au mystère. Les autres éléments évoqués, les deux textes ne se superposant pas exactement, se ressentent différemment dans l’une ou l’autre langue. Cumè a pace (o a tensione), à quale ne sinterà di più in corsu, à quale in francese, ognunu a so lettura.

L’apposition des deux langues donnent des éclairages différents selon l’ordre ou le mode de lecture, lire la page entière dans l’une ou l’autre langue, vugà da l’un’à l’altra, secondu u so parè, o leghje dui libri, o unu solu. Listessu cù ssi visi di culori vivi, o scuri, chì si ponu lascià, o chjappà, o, in una scelta cuscenta o nò, tene quelli chì ci parlanu di più.

Aghju pensatu à l’Alzheimer, chì pocu à pocu ci sguassa u ricordu di u minimu gestu, perchè ùn a sò, è ssu libru cumè una prova di ritene u minimu fiatu di vita, nanzu a morte o nanzu di parte o d’esse lasciatu, être dans le sentir du moment présent, ou dans le ressentir des instants passés, ci fendu un avvene.

Oui, se souvenir des belles choses, les plus infimes, arricurdassi u minimu gestu.

Puesia.

20 mai 2013

UN KÉPI A L’ATELIER THÉÂTRE MOUVEMENT MUSIQUE

Publié par blog'in giru dans danse contemporaine, musique, théâtre

Fin d’une belle aventure

UN KÉPI A L'ATELIER THÉÂTRE MOUVEMENT MUSIQUE   dans danse contemporaine mon-kepi-blanc-229x300

Avec la création de la pièce de Sonia Chambretto

MON KÉPI BLANC

Par l’Atelier Théâtre Mouvement Musique

A la Fabrique de Théâtre de Bastia

Fruit de 300 heures d’atelier, stages et répétitions, cette ultime création de l’Atelier Théâtre Mouvement Musique 2007-2013, réunissant 7 jeunes femmes et adolescentes chanteuses et musiciennes, évoque des bribes de vie du légionnaire Jozef.
Pas de paradoxe à ce que ces jeunes femmes soient le vecteur de la parole des absents, n’est-ce pas souvent le cas dans nos cultures orales. Pas de paradoxe donc mais une distance. Une distance également dans les âges des protagonistes et ceux des musiciennes-chanteuses-comédiennes, à même de symboliser cette entrée dans une nouvelle vie, dans ce corps militaire où l’on endosse un autre état civil et où l’on « fait table rase du passé ».

Chambretto utilise la litanie comme une musique au cœur de la langue pour rendre le langage commun d’individus d’origines disparates qui ne parlent pas le même dialecte. La litanie, par son origine liturgique, c’est l’acte répété qui unit dans les mots de formules identiques parlées ou chantées. Ici la liturgie n’est certes pas religieuse mais elle élabore une langue commune dans le langage militaire déroulé comme un rouleau de prières tibétain ou hébraïque. Ce langage décline comme dans un manuel tout à trac et par le menu, les vêtements militaires, les acronymes utilisés pour désigner des véhicules en tous genres (VLS et autres) ou des lieux de plaisirs éphémères les BMC, bordels militaires de campagne. C’est aussi la litanie qui désigne les ennemis, du Niakoué au Fellaga, les instruments de la fanfare, les instructions à l’entrainement, les récits de combats, les commémorations. Et toujours, ponctuant cette litanie, des règles égrenées tout du long et qui structurent la vie et le mental du légionnaire.

Cette musique des mots proposée par Sonia Chambretto est ici le prétexte à un jeu de mime, base de la chorégraphie, en gestes calibrés, en ensembles bien huilés qui par moments se disloquent. Tantôt dansée, tantôt jouée, c’est une chorégraphie de l’hybride comme ces régiments, comme ces danses tribales qui rejouent combats et moments clés de la vie du groupe, un massacre dans une  cocoteraie. En ligne, en carré, en demi cercle ou face à face, ce sont les corps qui finissent les limites des espaces, matérialisés seulement par les lumières et par deux dispositifs, un alignement clairsemé de longs bambous, rideau ou barrière végétale, et sur une estrade à roulettes de fortune, deux  blocs de sièges avec strapontins.

Le chant et la musique, comme dans chaque microcosme, accompagnent le quotidien avec sa spécificité. Ici, comme dans les régiments, la musique et les chants viennent de tous horizons et les jeunes filles sur scène peuvent dévoiler leurs talents en herbe.

Instrumentistes déjà bien affirmées, nos demoiselles soldats nous régalent, au violon et alto, à la mandoline, à l’accordéon, au piano. Elles chantent, en différentes langues, un répertoire musical parcourant les deux Amériques, l’Algérie, l’Europe… des chants du monde, graves, suaves ou nostalgiques parfois plus gais lorsque le jazz s’y mêle.

Pour accompagner cette troupe de jeunes musiciennes dans cette expérience scénique, deux artistes de talents, Célia Picciocchi violoniste présente dans plusieurs formations et qu’on ne présente plus tant ses projets sont variés et innovants, et Félix Raffini à la guitare électrique. Celui-ci excelle à l’accompagnement solo, donne les ambiances et les rythmes, souvent à la marge de la scène, rarement au centre, mais efficace et précis.

Et le spectateur amusé et ému suit Jozef dans son périple de Marseille à Strasbourg en passant par les « Petites Colonies » (Algérie, Indochine, Djibouti). Nouvelle litanie, Jozef, Joseph, Ghjaseppu,…

Sonia Chambretto a grandi à Aubagne, en face de la Légion étrangère.
Mon Képi Blanc est écrit à partir d’entretiens, de conversations enregistrées avec des Képis Blancs de la Maison mère de la légion étrangère à Aubagne.

Nous avons connu et connaissons encore en Corse ces régiments et leur monde refermé sur lui-même, aussi clos ici qu’il l’est lorsqu’ils sont en mission en pays étrangers, car ces gars là , toujours en exil, n’ont plus d’autre patrie que l’horizon de leur garnison. Ce témoignage de la parole des oubliés de l’histoire est une belle page pour clore,  avec Bénédicte Flatet à la direction musicale et Catherine Graziani à la mise en scène, l’expérience commencée en 2007 par l’Atelier Théâtre Mouvement Musique et ces jeunes talents en devenir.

 

Encore sur la scène de la Fabrique de Théâtre lundi 20 mai à 18 heures.

 

Renseignements/réservations :
Fabrique de Théâtre
2 rue N.D. de Lourdes
Bastia
Tél. :             04 95 390 165
compagnie.theatre.alibi@orange.fr 
http://www.theatrealibi.com

20 mai 2013

NUIT D’HISTOIRE VIVANTE AU MUSÉE DE BASTIA

Publié par blog'in giru dans histoire et patrimoine, lecture théâtrale

Visite spectacle inspirée directement des collections du musée et de l’histoire de la Ville

NUIT D'HISTOIRE VIVANTE AU MUSÉE DE BASTIA   dans histoire et patrimoine bastia-anu-dettu-300x238

Confiée à la jeune compagnie Bastiaise La Spirale

BASTIA ANU DETTU

(Ils ont dit, Hanno detto, They said…)

Alexandre Oppecini met en scène Philippe Ambrosini

La nuit européenne des musées avait lieu dès le coucher du soleil en ce 18 Mai 2013.

Au Palais des Gouverneurs un drôle de bonhomme nous précédait dans les couloirs du musée de la ville de Bastia pour une visite guidée d’un genre un peu nouveau en ce lieu. Encapuchonné dans une robe de bure noire, tel une statue d’un musée de cire, il nous attend immobile dans une niche , comme une œuvre placée là, à l’exposition de nos regards,  et nous invite à une déambulation de salle en salle.

Après un Roméo et Juliette donné dans les jardins du Palais des Gouverneurs l’année passée, Alexandre Oppecini a été chargé de mettre en scène des textes de son choix pour animer la nuit européenne des musées 2013 pour la ville de Bastia. Il a donc choisi de nous faire voyager dans Bastia et dans le temps avec un comédien prêt à assumer tous les personnages à la fois, il s’agit de Philippe Ambrosini.

Le choix de textes lui permet d’en explorer les talents puisqu’il lui fait incarner tour à tour des personnalités très différentes qui vécurent du XVIème au XIXème siècle.

Le ton est révérencieux, presque obséquieux à l’évocation de l’Office Saint Georges lorsque le comédien donne vie au récit de l’Abbé Agustino Giustiniano,  évêque en charge du diocèse du Nebbio en l’an de grâce 1523, érudit d’envergure européenne qui fréquente Thomas More et Erasme. Il y décrit la pauvreté de la cité dont la principale qualité est sa situation proche de l’Italie mais qui ne rapporte peu de subsides à l’Office gestionnaire de l’île depuis 1453. Il y pointe déjà la difficulté d’y avoir une véritable infrastructure portuaire eu égard à sa situation.

Montée à l’étage en suivant notre robe de bure qui entonne A palatina.

L’indignation est saisissante et soutenue dans un long souffle dramatique lors de la lecture du texte dans lequel les représentants de la Corse font part des griefs des Corses auprès de sa Majesté le roi en 1738. La situation dès la première phrase est sans ambigüité, puisqu’on y dépeint d’emblée « la pauvre Corse, en l’état où elle est, négligée, inculte, méprisée, opprimée, dépouillée ». Les quatre siècles de gouvernement génois n’ayant porté que guerre, criminalité, homicides et spoliation à un peuple que l’on a exclu de toute promotion au profit des nobles impécunieux de Gênes, ce texte relate un « usage monstrueux du pouvoir » qui « donnait libre carrière à la violence et aux meurtres » tout comme aux extorsions et aux cessions forcées des terres les plus vastes et les plus fertiles. De quoi faire réfléchir…

Lorsque Philippe Ambrosini se lance dans la lecture de la correspondance sur le siège de Bastia en 1794 de Sir Gilbert Elliot, chargé d’assiéger la ville, de Lacombe Saint Michel, représentant de la cité, et du Général Nelson, commandant de la flotte, il nous régale en changements de posture, de visage et de voix, bondissant sur un banc pour figurer le pont du navire et adopter l’emphase d’un Nelson ou se parant d’une grave dignité pour nous restituer le courage déterminé du valeureux résistant. Mais il nous rend le sourire enfin avec Lady Elliot qui donne ses impressions après son pénible débarquement puis son installation en ville. Dit avec humour, c’est un vrai dépliant touristique à l’exclusion des habitants peu civilisés et armés dès le plus jeune âge d’un fusil : « la gabbia senza l’ucelli » de Mussolini n’est qu’un prolongement des plus politiques de cette vision de l’île.

Le comédien campe ensuite le jeune Gustave Flaubert qui conte son voyage en Corse en 1840. A peine sorti de l’adolescence, c’est en Corse qu’il apprend à regarder, à observer, à engranger des images, à devenir écrivain. Il a visiblement été plus séduit par Ajaccio et ses palmiers que par la cité bastiaise.

Et pour finir la visite, Philippe Ambrosini sous la houlette du jeune Alexandre Oppecini, nous fait une description de Bastia à travers le récit à cette même époque d’un prêtre jésuite quadragénère, Gioacchino Prosperi. Si encore une fois 316 ans après l’Abbé Agustino Giustiniano il y pointe la difficulté d’y établir un port digne de ce nom, des changements sont soulignés, la modernité toute récente, les églises restaurées, l’instruction en plein essor. Il y conte au passage les derniers jours d’un condamné à mort. Ce prêtre par ses récits va nourrir  l’irrédentisme italien.

Et toujours à travers ces textes un amour de la Corse et des corses, amour de conquérants ou visiteurs qui s’ancre dans la beauté de paysages qui subjuguent, où le peuple est au mieux considéré comme accueillant ou porteur d’une forte imagerie telle que nous la connaissons encore et qui a nourri pendant des siècles le « complexe du colonisé ».

Cette présentation n’est pas sans rappeler le drame historique de Marco Cini « A sintenza » donné par U Teatrinu lors des Teatrale de Bastia par la confrontation décalée de la vision des corses et de celle justement des conquérants ou visiteurs qui y séjournent.

Une idée de visite au musée à creuser pour les scolaires afin de donner l’envie de se plonger dans l’histoire à la fois par les lieux, les objets et les textes avec la fougue des arts vivants, idée magnifiquement servie par les talents du jeune metteur en scène Alexandre Oppecini et de Philippe Ambrosini, l’acteur qu’il a dirigé artistiquement et accompagné physiquement sur l’ensemble de ces textes.

Contacts :
- Musée de Bastia
Marie-Hélène Giuly
04 20 00 89 03
mh.giuly@ville-bastia.fr

- La Compagnie La spirale
Alexandre Oppecini
06 15 37 87 49
alexoppecini@yahoo.com

 

6 mai 2013

MACHIAVELLI IN LINGUA CORSA U TEATRINU

Publié par blog'in giru dans théâtre

EN VERSION FRANÇAISE PLUS BAS

Machiavelli in lingua nustrale

MACHIAVELLI IN LINGUA CORSA        U TEATRINU dans théâtre affiche-mandracula-2-200x300

Guy Cimino adatta per U Teatrinu

A MANDRACULA

Prisentata à u teatru di Bastia

 

Eramu numerosi in Bastia à u teatru per vede ssa pezza adattata da Niccolo Machiavelli in lingua corsa. Prova chì, oghje, ci hè una vera brama per sente a lingua nustrale in una scrittura pupulara ma ricca.

E per què Guidu Cimino hà fattu una scelta interressante chì u teatru hè sempre statu un arte pupulare. Niccolo Machiavelli fù unu di i primi à mette in scena u teatru pupulare talianu chì sbuccerà nantu à a « comedia dell’arte » di u XVI seculu.

Moliere ci hà pigliatu a so inspirazione. Tutti i fili di u so teatru si trovanu dighjà in a pezza, scritta in 1520 chì mette in scena Fiurenza è i so burghesi.

Ssa pezza mette in piazza quasi tutta a tematica di Machiavelli cù a figura di u sgiò ingannatu da un più ghjovanu è più malignu chì li vole piglià a so piazza. Quì si tratta di a so moglia ma Machiavelli darretu à u persunaghju di Lucrezia simbulizeghja micca solu a donna ma dinò u pudere.

Ancu sè u scopu pare inacessibile, ci vole à mette in anda tutta a malizia pussibule, è prufittà di i desideri, di e brame d’ognunu per falli accettà ciò chì pare impussibile.

Cum’è Machiavelli Guidu Cimino principia a pezza cù un prologu. Cum’è ellu, pianta u decoru è prisenta i persunaghji. Machiavelli ellu, purtava in più l’attenzione di u spettatore nantu a so cundizione d’autore di mala sorte in pettu à a critica di u pudere.

Gallò, giuvanottu rivenutu da Parigi, aiutatu di u so servu Sirò è u s’amicu leccapiatti Licò, cercà à cunquerisce Lucrezia donna divota è pura, sposa di Nucè, puveru maritu nucente prontu à fassi ingannà.

Megliu, sò d’una parte u prete è cunfessore di a nostra moglia piosa è u so babbu stessu chì a portanu à u peccatu.

Bella sicura, ssu racontu hè l’occasine di mette in scena una lingua pupulare ind’un parlatu bastiacciu chì ci rallegra.

A chì ne piglia ne piglia : « baullu senza luchettu » , « scioccu senza baretta », « amicu di tichjina » o « cacastecchi ghjelosi ».

Ghjè un piacè di ritruvà e spressione chì tutt’ognunu cunnosce ma ch’ùn s’adupranu più tantu in lu parlatu oghjincu è chì ci rimentanu e nostre radiche paisane cum’è : « lasciatu quì rittu cum’un palu à fasgioli », « carchi cum’è susini », « trova sempre u pelu nant’à l’ove » o « carcu à soldi è pienghje a potta d’Anna ».

Da quì à quà, un pruverbiu, micca veramente feministu, ci ramenta u sgardu di l’omi nant’à e donne : « Trè pignatte, gran festa. Trè donne timpesta ». Una campazione !!

Ma ùn ci scurdemu micca chè no simu quì soprattuttu per ride, i codice di a « comedia », di a burla, sò quessi è l’attori a ci facenu tene à mente cù u so ghjocu scherzosu : u servu maliziosu, l’amicu leccapiatti, u prete più birbu chè piosu, u maritu bocchimelosu, fin’à u babbu chì pare più viziosu chè appinseratu per a so figliola…

Ancu i più seri, moglia onesta è gallente innamuratu, compianu sta pezza cù a malizia di quelli ch’anu prufittatu di u so malfattu.

E u publicu si capia, in giru à mè ùn sò chè risate è belle scaccanate.

Per falla cumpletta, Guidu Cimino hà puntuatu ogni attu cù un cantu scherzosu in la più pura tradizione pupulare.

Cù quasi nunda per decoru è pocchi costumi, Guidu Cimino ci fattu imaginà Bastia, i so carrughji, è ci hà ghjuculatu da veru.

Una serata per rende u teatru à u so primu scopu : tuccà ognunu, fendu riflette senza troppu ragiunà è sorte cù a risa in bocca, felici.

A ringrazzià l’attori di u teatrinu per ssu bellu mumentu.

Distribuzione :

Gallò : P. Tonielli

Sirò, u servu : J.L. Graziani

Licò, l’amicu leccapiatti : H. Olmeta

Nucè, u martui : J.B. Filippi

Lucrezia : C. Mattei

Sostru, u babbu : P.L. Santelli

Timuteu, u prete : J.P. Giudicelli

L’Omu/U canterinu di carrughju : S. Casalonga

 

 EN VERSION FRANÇAISE ICI

Nous étions nombreux au théâtre de Bastia pour voir cette pièce adaptée de Nicolas Machiavel en langue corse. C’est bien la preuve qu’aujourd’hui, il y a une vraie attente du public pour venir entendre notre langue corse dans une écriture populaire certes, mais riche.

En ce sens, Guy Cimino a fait un choix intéressant puisque le théâtre a toujours été un art populaire. Nicolas Machiavel fut un des premiers à mettre en scène le théâtre populaire italien qui débouchera sur la « comedia dell’arte » du XVI siècle.

Molière y a puisé son inspiration. Tous les artifices de son théâtre se trouvent déjà dans cette pièce, écrite en 1520 qui met en scène Florence et ses bourgeois.

Cette pièce met en place l’essentiel de la thématique de Machiavel avec la figure du seigneur installé trompé par un autre plus jeune et plus malin, qui aspire à prendre sa place. Ici il s’agit de son épouse mais Machiavel, derrière le personnage de Lucrezia veut symboliser non seulement la quête de la femme mais aussi celle du pouvoir.

Même si le but à atteindre parait inaccessible, il faut user de toute la perfidie possible, et profiter des désirs et des aspirations de chacun pour lui faire accepter ce qui lui paraissait impensable.

Comme Machiavel Cimino fait débuter la pièce par un prologue. Comme lui il plante le décor et présente les personnages. Par contre Machiavel, attirait en plus l’attention du spectateur sur sa condition d’auteur malheureux en proie à la critique du pouvoir.

Gallò, jeune home revenu de Paris, aidé de son serviteur Sirò et de son ami pique-assiette Licò, cherche à conquérir Lucrezia femme dévote et vertueuse, épouse de Nucè, le pauvre mari crédule pront à se faire rouler dans la farine.

Pire encore, ce sont d’une part le prêtre et confesseur de cette épouse pieuse et son propre père qui la pousse au pécher.

Bien sûr, cette histoire est l’occasion pour mettre en scène une langue populaire dans un parlé bastiais qui nous ravit.

Tout le monde en prend pour son grade : « baullu senza luchettu » , « scioccu senza baretta », « amicu di tichjina » o « cacastecchi ghjelosi ».

C’est un plaisir de retrouver des expressions corses que tout le monde connait mais qui ne sont plus tellement usitées dans le parlé d’aujourd’hui et qui nous renvoient nos racines paysanes : « lasciatu quì rittu cum’un palu à fasgioli », « carchi cum’è susini », « trova sempre u pelu nant’à l’ove » o « carcu à soldi è pienghje a potta d’Anna ».

De ci de là, un proverbe, pas vraiment féministe, nous rappelle le regard que les hommes portent souvent sur les femmes : « Trè pignatte, gran festa. Trè donne timpesta ». Un vrai régal !!

Mais nous sommes là pour rire ne l’oublions pas, et l’on retrouve les codes de la « comedia », de la farce, dans le jeu railleur des acteurs : le serviteur malin, l’ami pique-assiette, le prêtre plus gredin que pieux, le mari obséquieux, jusqu’au père qui parait plus vicelard qu’inquiet de sa fille…

Même les personnages les plus sérieux, femme honnête ou galant enamouré, finissent cette pièce avec le ton malicieux de ceux qui ont bien profité de leur mauvaise action.

Et le public se laisse entrainer, autour de moi ce ne sont que gens qui s’esclaffent et qui rient à gorge déployée.

Et pour compléter le tout, Guy Cimino a ponctué chaque acte d’une chanson drôle dans la plus pure tradition populaire.

Avec trois fois rien en guise de décor et peu d’effets de costumes Guy Cimino nous a fait imaginer Bastia, ses ruelles, et nous a vraiment divertis à souhait.

Une soirée qui ramène le théâtre à son objectif premier : toucher tout le monde, faire réfléchir sans trop y paraitre pour nous laisser repartir sortir le sourire aux lèvres, heureux.

Merci aux acteurs du Teatrinu pour ce beau moment de théâtre.

 

Distribution :

Gallò : P. Tonielli

Sirò, le serviteur : J.L. Graziani

Licò, l’ami pique-assiette : H. Olmeta

Nucè, le mari : J.B. Filippi

Lucrezia : C. Mattei

Sostru, le père : P.L. Santelli

Timuteu, le prêtre : J.P. Giudicelli

L’homme/Le chanteur de rue : S. Casalonga

 

Contacts :

U TEATRINU

Tinturaghju 20600 FURIANI
Tél.04.95.30.43.65 / 06 03 29 20 59
Fax 04.95.30.43.65

 

E-mail : uteatrinu@aol.com
Site Internet : www.uteatrinu.com

5 mai 2013

GALERIE GOUR-BONEFORTI BASTIA

Publié par blog'in giru dans art contemporain

Rencontre d’une oeuvre et mimodrame

GALERIE GOUR-BONEFORTI                BASTIA dans art contemporain patrici-pinzuti-gintz-300x207

Exposition Patricia Pinzuti-Gintz

MAMAN ! 

Et mimodrame

par Patrizia Poli et Jérémy Marchand

La galerie d’art contemporain Gour-Boneforti présente le travail de la plasticienne Patricia Pinzuti-Gintz. En pénétrant dans l’espace qui lui est dédié on pénètre dans un univers où la matière éthérée domine. Au premier regard il semble s’agir d’un atelier de couture mais les modèle pendus sont faits pour des géantes tandis que des robes de Lilliputiennes sont mises sous cloches de verre, comme pour retenir des fées imaginaires avant qu’elles ne prennent leur envol.

Le tulle, la délicatesse, la légèreté construisent un monde aux apparences tendres et virginales. Mais à y regarder de plus près, ces trames aériennes cachent, comme en filigrane des contrastes voilés qui demandent à être explorés, découverts par le détail que les transparences laissent parfois à peine deviner.

Ce sont des compositions en à-plat ou en volume qui toutes, dans leur sobriété, dessinent des corps désincarnés, et cette absence de chaire suggère la chaire pour mieux la faire vivre par le truchement de notre imagination propre. Ces corps fantomatiques sont les corps fantasmés que chacun voudra y projeter.

Tandis qu’absorbés par la contemplation de ces œuvres fugitives, presque immatérielles, faites de visages, de souvenirs, de maisons d’enfance peut-être, cherchant à percer le voile pour mieux imaginer l’encre de chine sur le papier de soie, le fil qui court blanc sur la trame sombre, alors s’élève un chant juvénile, joyeux et mélancolique, puis un cri. Patrizia Poli et Jérémy Marchand entrent, dans un « mimodrame ». La scène au premier abord déstabilise, dans cet univers vaporeux fait de mémoire, par ces présences brutalement charnelles. Mais des phrases, criées ou psalmodiées, reprises comme des écholalies, se répètent jusqu’à s’en désincarner elles aussi. Les corps matériels semblent à leur tour devenir irréels. La scène se déroule et vous happe dans un univers étrange. « Tout va bien se passer » nous répète-t-on. Oui, sous nos yeux l’enfantement a lieu, dans la douleur comme il se doit, pour sentir la vie qui bouscule, la vie qui prend le pas sur le souvenir, ou bien est-ce le souvenir de la morsure de la vie qui est là… Peut-être aussi l’enfantement de l’œuvre, douloureux et beau à la fois.

Ici c’est l’homme, incarné par Jérémy, qui donne la vie, renversement des rôles. Patrizia, l’enfant, vient au monde, comme si toute la scène avait égrainé les évènements à rebours, de l’adulte à l’enfant qui nait, du présent au passé. Tout prend sens, nous sommes dans l’univers de la plasticienne et c’est son texte qui est joué, c’est sa matrice qui met au monde et le chaos redevient silence. Seul persiste l’écho, le souvenir de cet enfantement…retour aux voiles et aux papiers de soie délicats.

Il y a plus qu’un travail de plasticienne, il y a de la poésie, du chant, du théâtre. Il y a du travail de styliste mais imprégné de philosophie. Sous des dehors paisibles, l’œuvre de l’artiste donne à penser, ouvrant des champs de réflexion nourris des arts du spectacle autant que l’imagination et du vécu du spectateur. Voilée, elle ne demande qu’à se révéler comme ces femmes orientales qui cachent leurs beautés et attisent la curiosité. Un hommage peut-être ?

 

L’art plastique et la poésie ont cela de fort, ils déstabilisent avant de se révéler, ils nous dérangent et nous interrogent. Et nous en sommes grés.

 

Pour découvrir Patricia Pinzuti-Gintz :

Bastia en Mai 2013, exposition personnelle « MAMAN ! » et son mimodrame, avec Patrizia Poli et Jeremy Marchand à la galerie d’art contemporain Gour-Beneforti 8 rue Napoléon

Nantes fin 2013, exposition Galerie « Café des Négociants »

http://www.alter-art.org/

29 avril 2013

LOCU TEATRALE AIACCIU

Publié par blog'in giru dans concerts, Poésie

Ouverture du printemps des poètes 

LOCU TEATRALE     AIACCIU dans concerts latinidad-300x273

 Terre du chant de l’âme

LATINIDAD

 Explorée par Patrizia Poli et Paul-Félix Raffini

 Avec Latinidad, le duo Patrizia Poli et Paul-Felix Raffini a ensoleillé la petite salle intimiste du Locu Teatrale.

La chanteuse a conçu ce récital comme un hommage à ces voix, ces artistes, ces poètes, ces compositeurs qui ont marqué son chemin vers la latinité, et à des chansons qui ont correspondu chacune à un moment de sa vie.

Elle a d’abord voulu mettre en lumière la merveilleuse interprète Mercedes Sosa en commençant ce tour de chant avec Vuelvo al sur mis en musique par Astor Piazzola.

C’est aussi un hommage à Nilda Fernandez dont elle propose deux titres que l’auteur compositeur a lui-même interprété sur scène avec elle. Le compositeur est également à l’honneur avec la mise en musique de textes de Jose Luis Borges et de Garcia Lorca.

Il y a de l’audace également dans le choix de certains morceaux comme avec « Fragilidad », version espagnole d’une chanson de Sting et une composition de Leonard Cohen pour un texte de Lorca.

Latinidad c’est aussi la fréquentation des films de Pedro Almodovar, comme Matador, Parle avec elle, Talons aiguilles… C’est l’évocation d’une voix immense, celle de Cesaria Evora dont la chanteuse et le guitariste interprètent deux titres Angola et Ausencia… Autre hommage cinématographique, à Emir Kusturica et à son film Underground.

 

Patrizia dans une robe longue et fuselée de lamé mordoré, est accompagnée, et ce choix est judicieux à double titre, par Paul-Félix Raffini à la guitare non pas acoustique mais électrique. Dès les premières notes, le guitariste sort du classicisme attendu et pose une couleur moderne pour dérouler ses arpèges et ses accords mineurs. Avec doigté et discrétion, sa technique se joue en harmonie avec les textes pour ne laisser percevoir que l’émotion.

De sa voix douce et grave, puissante et retenue, Patrizia dévoile la rondeur de cette langue dans laquelle les mots angustia, ou ojos viejos, ne semblent pas avoir le poids du Français ou même du Corse malgré les similitudes de lexique et de musicalité. Le guitariste, de son seul instrument, nous guide sur le chemin de la chaleur et de la gravité légère propre à l’expression des poètes hispanophones.

La scène est dénudée, la gestuelle est sobre et l’atmosphère est imprégnée de la poésie des textes.

La chanteuse place sa belle silhouette, par instant un brin de théâtralité s’installe, au détour d’une pose où elle s’enlace de ses bras, mais la langue et la voix prime toujours, parfois presque parlée, puis à nouveau puissante et profonde. Elle s’éloigne du micro pour la rendre lointaine et laisser la guitare conclure. Elle s’avance dans la travée centrale et chante pour le public conquis. Pourtant elle ne surjoue pas, elle n’a pas endossé un rôle mais se livre avec sincérité.

Paul-Félix Raffini accompagne ce voyage en arpèges, en accords rock ou jazz, slide avec le bottle neck, ce cylindre de métal qui glisse sur les cordes pour donner un son typiquement blues, fait tournoyer les valses, sans pour autant briser l’unité musicale de ce récital. La musicalité de son jeu, tout comme les mots, contribue à la poésie.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un hommage à la poésie, aux mots, à la langue, aux sonorités chaudes, un hommage à la beauté des choses, à l’amour des êtres, à la vie.

Et quels auteurs ! Jose Luis Borges, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Violeta Parra, Celia Cruz…

Gracias a la vida, même dans la quête sans espoir, dans le doute ou l’absence, même dans la mort.

El canto de todos es mi propio canto… Universalité des sentiments.

Magie de la poésie mise en musique.

 

C’était une avant première pour le duo Patrizia Poli – Paul-Félix Raffini qui se produira cet été en Corse. En voici quelques dates : à Sisco le 11 juillet, à Bastia le 28 juillet et à San Gavino di Carbini le 2 août.

 

Latinidad, un continent musical et poétique à traverser avec volupté.

 

Contact :

http://www.locu-teatrale.com/

https://www.facebook.com/locu.teatrale

tel : 04 95 10 72 03

19 avril 2013

MOBILISATION CONTRE L’URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS

Publié par blog'in giru dans débats

Un véritable problème de choix de société  

MOBILISATION CONTRE L'URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS dans débats testa-ventilegne-300x164

Déclassement de la Testa Ventilegne (Figari)

Emblématique  des sites remarquables en cours de déclassement

LA TESTA VENTILEGNE

au coeur du combat écologique et sociétal pour la Corse 

Nous assistons aujourd’hui à une mobilisation des associations de défense de l’environnement et d’une trentaine d’organisation politiques, syndicales et autres pour alerter contre les projets d’urbanisation de certaines zones sensibles. Ce sont ces mêmes zones qui déjà étaient au cœur des débats lors de l’étude de la proposition de Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse de 2009 (PADDUC) avec les mêmes projets d’urbanisation.

Or préserver les équilibres biologiques dans le respect des sites remarquables de l’île fut une des raisons pour lesquelles la proposition de PADDUC 2009 n’a pas été adoptée, le texte ayant suscité une forte polémique sur le plan environnemental. La situation pour l’heure reste donc gérée par le Schéma d’Aménagement de la Corse de 1992. En effet ce projet de PADDUC ouvrait à l’urbanisation de zones qui jusque là étaient protégées en réduisant les surfaces inscrites à la Carte des protections, « désanctuarisant » une partie du littoral.

Pour mieux comprendre cette problématique il faut connaitre les moyens de protection qui sont disponibles dans l’arsenal des défenseurs de l’environnement, en particulier en ce qui concerne le littoral soumis aux pressions immobilières et spéculatives les plus fortes.

C’est la « Loi Littoral » votée, il est bon de le rappeler, à l’unanimité par le parlement en 1986 qui vise à encadrer l’aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière. Elle a pour objectifs d’assurer le libre accès au rivage, de maintenir les activités économiques liées à la mer, de préserver les espaces naturels remarquables et les 100 m qui bordent le rivage en les rendant inconstructibles en dehors des zones d’agglomération existantes.

Ainsi l’équilibre se fait en conjuguant d’une part une extension de l’urbanisme uniquement en continuité avec les agglomérations et villages, et d’autre part le respect des sites qui ont obtenu une reconnaissance d’intérêt écologique.

La « Loi Littoral » peut s’appuyer entre autres sur deux types de classement :

-         les zones Natura 2000 qui font partie du réseau mis en place par l’Union Européenne avec ses Zones de Protections Spéciales pour la conservation d’oiseaux sauvages (ZPS) et ses Zones Spéciales de Conservation pour certains habitats naturels ou espèces animales et végétales (ZSC).

-         Les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) en particulier de type 1 à grand intérêt biologique ou écologique. Les ZNIEFF sont inscrites à l’Inventaire du Patrimoine Naturel.

Ces deux dispositifs rendent inconstructibles de telles zones. Le classement est donc primordial pour leur protection et la cartographie prend ici une importance capitale.

Le Conservatoire du Littoral (Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres), est un établissement public membre de l’Union Mondiale pour la Nature qui a pour objectif d’acquérir un tiers du littoral français, une partie du domaine public maritime et des zones humides, à des fins de conservation et de protection du patrimoine naturel et culturel du littoral. Il peut se porter acquéreur de certains sites. C’est comme cela qu’une grande partie du site remarquable de la Testa Ventilengne a pu être protégée, seule la partie centrale en est exclue, ayant été achetée en 2001 par la municipalité de Figari.

Malgré le rejet du PADDUC de 2009 considéré comme nuisible à la protection des sites remarquables, certaines zones protégées sont en cours de déclassement.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral interpelle aujourd’hui la population insulaire et au-delà, sur les déclassements en cours. Il met le focus sur des espaces naturels connus de tous pour leur beauté et leur intérêt écologique : il s’agit des lieux emblématiques d’Arone sur les côtes rocheuses de Capo Rosso (commune de Piana), de Monte Scupetu à la Punta di Ventilegne (commune de Figari) et d’une partie côtière de la forêt territoriale de Chjavari (commune de Coti Chjavari). Sur ces trois sites des projets d’urbanisation avaient été dénoncés lors de la présentation du PADDUC en 2009 et le déclassement en cours d’une partie de ces zones protégées (soit en ZNIEFF soit en zones Natura 2000) rend ces projets à nouveau possibles.

Enfin rappelons, et ce n’est pas un point de détail, que c’est l’état qui classe et déclasse par le biais de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, la DREAL. Cette administration prend théoriquement un conseil avisé auprès de l’instance consultative à vocation scientifique créée en 2002 à cet effet, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN).

Sur les trois dossiers mis en lumière aujourd’hui par le Collectif pour l’application de la Loi Littoral, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel a été saisi pour émettre un avis. Pour Arone sur la commune de Piana et pour la Testa Ventilegne sur la commune de Figari cet avis a été défavorable au déclassement des zones considérées. Pour le site de Coti Chjavari, le CSRPN devait recevoir pour étude un projet de modification des zones protégées comprenant un échange entre la zone convoitée pour urbanisation et une zone plus au sud présentant elle aussi un intérêt écologique certain. La décision de déclassement de ce site a été reportée, des études complémentaires ayant été demandées à l’unanimité par le Conseil Scientifique Régional. Par contre la DREAL est passée outre l’avis défavorable du CSRPN pour les deux sites d’Arone et de la Testa Ventilegne puisqu’ils sont d’ors et déjà modifiés sur la cartographie de référence à la protection des zones remarquables.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral demande le gel de tous ces projets tant que le nouveau PADDUC n’est pas approuvé, l’inconstructibilité de toutes les ZNIEFF de type 1 et le maintien de la cartographie la plus large des espaces remarquables (avant modification).

Aujourd’hui encore les mairies font mine de se baser sur le respect des zones protégées pour élaborer leurs projets d’urbanisme, négligeant de préciser que les zones en question étaient protégées hier encore et viennent de sortir de la Carte des protections sans tenir compte des avis du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel.

 

Un rassemblement avec merendella aura lieu sur le site de la Testa Ventilegne le dimanche 21 avril, rendez-vous est donné à partir de 10h à l’embranchement de la route de Figari avec la RN 196.

 

Nous avons essayé de comprendre le contexte technique qui entoure ces dossiers pour vous en livrer une rapide synthèse. Blog’in Giru vous invite à vous pencher sur cette problématique qui engage l’avenir de ces zones de manière irrémédiable. Participer à ce débat citoyen est de notre droit et même de notre devoir à tous, et le principe de précaution pourrait ici être de bon aloi.

Restons vigilants pour protéger ce qui peut encore l’être.

17 avril 2013

TRIO MAGIQUE AU FESTIVAL EQUINOXE

Publié par blog'in giru dans concerts, jazz

Un triomphe en première partie 

TRIO MAGIQUE AU FESTIVAL EQUINOXE dans concerts the-trio-of-oz-300x269

Pour la soirée de clôture du festival de jazz

THE TRIO OF OZ

Enchante le public bastiais

Miracle de la musique qui vous attrape et vous emporte sur les lignes de sa partition aérienne, la vue se confond avec l’écoute, chaque phrase musicale et chaque rythme, chaque note et chaque silence se conjuguent aux gestes qui les font naître et l’on entre en résonance avec les trois instrumentistes pour faire corps avec eux et ne faire qu’un avec ce trio d’Oz, magique.

Pas d’esbroufe sonore ou visuelle, l’œil peut se poser, se plonger dans le jeu au gré des notes, et découvre en même temps que l’ouïe ces trois musiciens et leur présence, tout en force et en nuances à la fois.

C’est une femme jeune qui s’est instalée au piano, short et grosses chaussures couvertes de strass, un bonnet sur son abondante chevelure. Elle donne toute la puissance son clavier dès les premières mesures. Puis elle alterne entre solo de main droite impeccable et duo d’accords plaqués gravement. Sur le troisième morceau, Angry chair, elle est toute en tension musicale, et quel rythme !! Souvent elle tressaute vers son clavier comme habitée, puis ses mains se retirent par à-coups pour se reposer comme des papillons. Elle sait aussi se faire douce pour canaliser la puissance de son instrument. Ses pieds sont aussi actifs que ses mains, tout en elle vit avec sa musique.

Beauté des mains qui volent sur la surface du piano et sur le manche de la contrebasse.

Le volumineux instrument à cordes se livre sur un rythme discret de drum et sur ce piano à la ligne mélodique piano piano. Un tapotement de la main sur les cordes quand la contrebasse conclue. Une intro attaquée à l’archet en alternance avec le buté, subtile… Le contrebassiste reste flegmatique mais son attitude discrète ne fait pas pour autant oublier sa basse qui bourdonne visitant la totalité du manche de l’instrument dans toutes ses nuances. Le public est pantois lorsque la contrebasse nous fait de l’accompagnement un festival pour entamer ensuite  un solo qui donne toute sa voix à ce magnifique instrument.

Quand au batteur, au rythme très technique, au jeu rapide et bien dosé, entre douceur et envolée pleine de légèreté, il soulève les applaudissements dès le premier morceau après une belle prestation qui éblouit le public.

A l’intro pour le deuxième morceau, la batterie toute subtile développe son son avec grâce et ouvre le champ aux deux autres avec élégance. La retenue du batteur est à la fois tout en relâchement inspiré, dur et doux, du poétique, de la force et de la caresse.

Sur le titre Angry chair, les baguettes semblent glisser vers les cymbales. Maitrise technique époustouflante qui donne un bel équilibre au trio. Parfois le toucher est si léger et puissant à la fois, la cymbale vibre juste ce qu’il faut, et l’on savoure chaque touche avec délectation. Par moment le batteur utilise toute la surface de la cymbale avec toutes les différences sonores qui en découlent et ne se commet jamais dans la démonstration malgré sa technique de haut vol. De l’émotion pure, de la joie. D’ailleurs le batteur a un sourire éclatant sur ce morceau. On le sent dans la jouissance de son instrument. Et son plaisir nous fait plaisir. Un vrai partage.

Les sonorités composent une harmonie qui enchante, quelques notes de piano, batterie sur la caisse claire, la grosse caisse est toute en nuances aussi. Puis les trois ensemble se rejoignent et nous comblent.

L’éclairagiste pose trois cercles de lumière au sol pour auréoler trois artistes lumineux dans leur jeu tandis que le drum effleure petit et moyen toms avec maestria.

L’oreille baignée de nuances, le regard est attiré tantôt vers l’un tantôt vers l’autre pour saisir la subtilité de chaque geste.

Malgré la technicité de son instrumentaliste, la batterie ne prend jamais la parole avec trop d’insistance. Elle se retire comme les vagues et reviens caresser le rivage de notre espace sonore. Des vagues où chacun trouve sa place avec justesse. Oui vraiment quel équilibre !!!

L’archet à la contrebasse a la profondeur grave du violoncelle, il dit sa ligne mélodique pleine de grâce et de mélancolie. C’était déjà le premier rappel, mais le trio est réclamé à nouveau avec enthousiasme par le public du théâtre de Bastia pour un autre titre. On a du mal à se quitter, on se sépare à contre cœur.

Rien d’étonnant à ce succès puisque Omar Hakim et son Trio of Oz est connu des afficionados des trio jazz de haut vol. Monument de la musique de ces trois dernières décennies, Omar Hakim s’est faufilé partout et a touché à tous les styles. On l’a retrouvé derrière les fûts aux côtés de Miles Davis, de David Bowie, de Madonna ou de Dire Straits à la rythmique de « Brother in Arms », ou encore sur scène avec Sting pour l’enregistrement du légendaire double-CD livre au début des années 90. A ses côtés, la pianiste Rachel Z, qui a travaillé avec des artistes tels que Wayne Shorter, Stanley Clarke ou Peter Gabriel a été récompensée d’un Grammy du meilleur pianiste de jazz.

Quant à Luques Curtis, il a étudié avec John Lockwood et Ron Mahdi.

Avec une réputation inégalée de virtuosité musicale, de groove et de soul, le Trio d’Oz nous fait vivre une expérience musicale unique !

Après la magnifique prestation de Melody Gardot la veille, le public était exigent et le triomphe réservé à cette première partie de récital de clôture en fait la révélation du festival Equinoxe 2013.

Contact :
Théâtre Municipal
Rue Favalelli
Bastia
Tél. : 04 95 34 98 00

7 avril 2013

CINÉMA EN MODE BRITISH

Publié par blog'in giru dans cinéma

26e Quinzaine Britannique de Bastia

CINÉMA EN MODE BRITISH dans cinéma sugar-man-300x212
Éblouissant

SEARCHING FOR

SUGAR MAN

Film documentaire captivant et touchant

réalisé par Malik Benjelloul

1968, Detroit. La nuit. Dans le brouillard. Dans un bar des producteurs d’une maison d’édition de disques vont à la rencontre d’un musicien, un dénommé Rodriguez. Dès les premiers instants ils découvrent un homme discret qui plaque ses accords, dos au public et sa voix d’emblée les envoute. Comparée à celle de Bob Dylan, cette voix est pour eux la garantie d’un succès international. Mais l’homme lui est un mystère. SDF, travailleur sur des chantiers de bâtiment, ou bien nomade urbain vivant de foyer en foyer, personne ne sait qui est ce chanteur. Les différentes personnalités qui sont interviewées le décrivent de façon unanime comme un artiste voué à un destin hors du commun et chacun est retourné d’émotion à la simple évocation de son souvenir. Mais leurs espérances sont déçues et après deux albums qui, d’une façon totalement incompréhensible, passent totalement inaperçus, l’homme disparait de la scène artistique fin 1971.

A la même époque, l’Afrique du Sud est plongée dans le totalitarisme et l’apartheid et coupée du monde occidental, boycottée aussi bien par l’Europe que par les états unis. C’est dans cet immense pays qu’une jeune américaine va amener une copie du premier album de Rodriguez. Ses chansons vont alors connaitre un énorme succès auprès en particulier des classes moyennes Afrikaners et faire du chanteur une icône rebelle. Les révoltes ensanglantent le pays et l’album est perçu comme un album protestataire, en particulier le titre « The establishment blues ». Dans cet état militarisé, ce titre de Rodriguez un véritable choc et le mouvement alternatif Afrikaners en révolte contre l’apartheid s’en empare pour en faire un hymne, au point que dans les archives, les disques sont non seulement marqués comme prohibés mais la chanson est rayée dans le vinyle pour ne pouvoir être diffusée.

En 1996, le deuxième album de Rodriguez arrive en Afrique du Sud. L’homme est toujours un mystère et ce que l’on sait seulement c’est qu’il s’est suicidé sur scène. Chacun de son coté, deux Sud-africains vont enquêter sur lui et sur le mystère que représentent les sommes générées par les ventes des 500 000 albums distribués dans le pays. L’équivalant de dix fois le nombre pour être « Disque d’or ».

Le documentaire qui associe photographies, images d’archives, paysages naturels, mégalopoles et interviews, le tout filmé en super 8, devient une enquête, un documentaire d’investigation, construit et monté avec une rare intelligence, qui nous tient en haleine de bout  en bout, et qui plus est, extrêmement bien filmé.

La suite de l’histoire, qui ne sera pas révélée ici afin de ne pas déflorer les mystères aux spectateurs désireux de voir le film, nous entraine à travers les deux continents à la recherche des traces de ce musicien d’exception, de ses ayants droits et des producteurs des maisons de disques impliquées. Il nous plonge aussi bien dans l’Afrique du Sud de l’apartheid que dans le milieu des travailleurs pauvres de Detroit, autres sans voix, et dans le milieu de la musique qui broie ses génies dans l’indifférence.

Dans ce documentaire, qui a obtenu l’Oscar 2013 et deux prix au festival de Sundance on retrouve à la fois les problématiques du roman social, et celles des mouvements dissidents sous  les régimes totalitaires.

Les ressorts sont ceux du polar dont les protagonistes sont des passionnés prêts à tout pour dénouer l’énigme qui entoure leur idole.

Mais par dessus tout c’est un conte de fée pour tout artiste qui rêve d’exister au travers de sa production artistique et de devenir une icône. Et si le carrosse redevient citrouille, ce film suscite autant de curiosité que d’émotion envers cet artiste hors du commun.

La voix de Rodriguez est absolument sublime, ses titres sont sans conteste des merveilles et ses deux albums qui constituent l’essentiel de la bande son vont certainement connaitre après ce film le succès dont ils ont été privés par le passé.

La révélation de ce que fut la vie de cet artiste oublié réconcilie avec le genre humain.

Le public de la Quinzaine Britannique de Bastia 2013 ne s’y est pas trompé, puisqu’une salve d’applaudissements est née spontanément des travées de la salle obscure à la fin de la projection. Quelques larmes au coin des yeux aussi, tant l’émotion était forte, mais une émotion positive où le sentiment qui prédomine est celui d’une grande humanité.

 

Ce film est encore à l’affiche pour quelques jours, ne le ratez pas !!!

Et découvrez les deux albums de Sixto Rodriguez sans plus tarder !

 

Contact :

www.cinema-studio.com

tel : 04 95 31 12 94

123

Efax.fr |
Mes petites astuces |
Toptendence |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hasegmasup
| Marikeargente
| Devis de renovation