Blog'in giru

15 mars 2013

THEÂTRE ALIBI

Publié par blog'in giru dans danse contemporaine, théâtre

Un spectacle à couper le souffle

THEÂTRE ALIBI dans danse contemporaine press-300x225

Inclassable et poétique

PRESS

De Pierre Rigal par la Cie Dernière minute

 

Vous êtes réfractaire au théâtre, à la danse contemporaine, vous trouvez cela un tantinet trop intellectuel à votre goût ? Pierre Rigal vous réconcilie avec les deux. Oubliez l’idée de huit clos, les présentations sur nos peurs modernes, sur le combat contre l’enfermement, la solitude ou la dépression et laissez-vous entrainer dans un univers poétique comme on regarde Buster Keaton ou Charly Chaplin dans « Les temps modernes ». La beauté qui en émane surpasse le poids de la réflexion sur la condition de l’humain se confrontant à la machine. Retrouvons notre âme d’enfant.

Un homme, façon Matrix, élégant dans son costume noir, occupe un espace clos de deux mètres sur trois occupé par une chaise et une lampe de bureau. Cet homme et l’espace avec lequel il interagit par des forces magnétiques puissantes entament un pas de deux, une danse envoutante qui les lie dans un enchainement virtuose comme un funambule à son fil. A la fois danseur, acteur, graphiste de lumières et d’ombres, l’homme, d’un flegme inébranlable, explore cet espace dans ses trois dimensions et l’on entre dans un monde parallèle où les lois de la gravité n’ont plus cours. L’espace  respire, se contracte et se dilate, mu par une machinerie douée de vie et le personnage qui l’occupe évolue sur ses cinq plans visibles au rythme du son sans que l’on puisse  savoir si le son est sa contrainte ou si ce sont ses gestes qui le génèrent. Chacun interprète selon son propre postulat. Ce temps d’exploration est l’occasion de trouvailles d’esthétique pure où chaque instant offre un tableau, une photo noire et blanc en mouvement. Et si l’on s’affranchit du contexte de la salle de théâtre, le burlesque prend largement le pas sur le tragique de l’exigüité de cet espace clos. Chaque geste est enchantement, les bras semblent démesurés,  les jambes, les pieds ont leur autonomie propre. Le corps peut même se passer de tête et pour nous aussi la réflexion peut attendre. La performance gymnique qui permet d’évoluer sur les murs et le plafond nous dévoile un être hybride. Par moment insecte rampant sur toutes les surfaces, notre héro, bien que la tête en bas, ou le corps parallèle au sol, retrouve sa condition d’être humain, se rajustant le costard dans les postures les plus insolites. Sourires.

Les mains blanches deviennent au bout de ses bras des êtres indépendants à leur tour, chacune douée de grâce. Nouveau pas de deux, entre les mains. Nouveaux sourires.

Les lumières sont les autres habitants de ce lieu inattendu. Celle du plafond vit avec la pièce et sa respiration. Comme l’homme peut être la somme de parties autonomes, la lampe elle aussi se segmente à son tour alors que l’espace se comprime. Naissent des entités, qui se combinent ou se disloquent, lumière blanche mécanique et glacée, big brother, lumière rouge qui veille, et bras articulé, objet. L’homme intègre l’objet à son corps pour composer un nouvel hybride, le relargue, et l’objet se fait animal mécanique. Il le caresse, l’apprivoise, moment de tendresse… puis de combat dont l’homme sort provisoirement vainqueur.

Si la presse repart, l’espace qui rétrécit ne signe pas la mort de la poésie, l’homme jusqu’au bout l’explore et se l’approprie avec une grâce sans pareille. Malgré les soubresauts la fluidité persiste. Et lorsque le black out survient, on reste sans voix, captivés, subjugués de s’être laissés porter, envouter, surprendre. L’élégance a eu raison de l’oppressante situation.

L’homme était-il captif, de la machine, de lui-même ? D’aucuns y verront la métaphore de la pression du monde moderne, un univers Kafkaien, les doutes existentiels, d’autres la lutte contre l’insomnie, ou la maladie, ou la mort.

La poésie comme libération ?

Chacun peut s’il le veut porter la réflexion à sa guise ou bien s’en affranchir, la poésie subsiste…

… Magique

Contact : www.theatrealibi.com

 

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