Blog'in giru

29 avril 2013

LOCU TEATRALE AIACCIU

Publié par blog'in giru dans concerts, Poésie

Ouverture du printemps des poètes 

LOCU TEATRALE     AIACCIU dans concerts latinidad-300x273

 Terre du chant de l’âme

LATINIDAD

 Explorée par Patrizia Poli et Paul-Félix Raffini

 Avec Latinidad, le duo Patrizia Poli et Paul-Felix Raffini a ensoleillé la petite salle intimiste du Locu Teatrale.

La chanteuse a conçu ce récital comme un hommage à ces voix, ces artistes, ces poètes, ces compositeurs qui ont marqué son chemin vers la latinité, et à des chansons qui ont correspondu chacune à un moment de sa vie.

Elle a d’abord voulu mettre en lumière la merveilleuse interprète Mercedes Sosa en commençant ce tour de chant avec Vuelvo al sur mis en musique par Astor Piazzola.

C’est aussi un hommage à Nilda Fernandez dont elle propose deux titres que l’auteur compositeur a lui-même interprété sur scène avec elle. Le compositeur est également à l’honneur avec la mise en musique de textes de Jose Luis Borges et de Garcia Lorca.

Il y a de l’audace également dans le choix de certains morceaux comme avec « Fragilidad », version espagnole d’une chanson de Sting et une composition de Leonard Cohen pour un texte de Lorca.

Latinidad c’est aussi la fréquentation des films de Pedro Almodovar, comme Matador, Parle avec elle, Talons aiguilles… C’est l’évocation d’une voix immense, celle de Cesaria Evora dont la chanteuse et le guitariste interprètent deux titres Angola et Ausencia… Autre hommage cinématographique, à Emir Kusturica et à son film Underground.

 

Patrizia dans une robe longue et fuselée de lamé mordoré, est accompagnée, et ce choix est judicieux à double titre, par Paul-Félix Raffini à la guitare non pas acoustique mais électrique. Dès les premières notes, le guitariste sort du classicisme attendu et pose une couleur moderne pour dérouler ses arpèges et ses accords mineurs. Avec doigté et discrétion, sa technique se joue en harmonie avec les textes pour ne laisser percevoir que l’émotion.

De sa voix douce et grave, puissante et retenue, Patrizia dévoile la rondeur de cette langue dans laquelle les mots angustia, ou ojos viejos, ne semblent pas avoir le poids du Français ou même du Corse malgré les similitudes de lexique et de musicalité. Le guitariste, de son seul instrument, nous guide sur le chemin de la chaleur et de la gravité légère propre à l’expression des poètes hispanophones.

La scène est dénudée, la gestuelle est sobre et l’atmosphère est imprégnée de la poésie des textes.

La chanteuse place sa belle silhouette, par instant un brin de théâtralité s’installe, au détour d’une pose où elle s’enlace de ses bras, mais la langue et la voix prime toujours, parfois presque parlée, puis à nouveau puissante et profonde. Elle s’éloigne du micro pour la rendre lointaine et laisser la guitare conclure. Elle s’avance dans la travée centrale et chante pour le public conquis. Pourtant elle ne surjoue pas, elle n’a pas endossé un rôle mais se livre avec sincérité.

Paul-Félix Raffini accompagne ce voyage en arpèges, en accords rock ou jazz, slide avec le bottle neck, ce cylindre de métal qui glisse sur les cordes pour donner un son typiquement blues, fait tournoyer les valses, sans pour autant briser l’unité musicale de ce récital. La musicalité de son jeu, tout comme les mots, contribue à la poésie.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un hommage à la poésie, aux mots, à la langue, aux sonorités chaudes, un hommage à la beauté des choses, à l’amour des êtres, à la vie.

Et quels auteurs ! Jose Luis Borges, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Violeta Parra, Celia Cruz…

Gracias a la vida, même dans la quête sans espoir, dans le doute ou l’absence, même dans la mort.

El canto de todos es mi propio canto… Universalité des sentiments.

Magie de la poésie mise en musique.

 

C’était une avant première pour le duo Patrizia Poli – Paul-Félix Raffini qui se produira cet été en Corse. En voici quelques dates : à Sisco le 11 juillet, à Bastia le 28 juillet et à San Gavino di Carbini le 2 août.

 

Latinidad, un continent musical et poétique à traverser avec volupté.

 

Contact :

http://www.locu-teatrale.com/

https://www.facebook.com/locu.teatrale

tel : 04 95 10 72 03

19 avril 2013

MOBILISATION CONTRE L’URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS

Publié par blog'in giru dans débats

Un véritable problème de choix de société  

MOBILISATION CONTRE L'URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS dans débats testa-ventilegne-300x164

Déclassement de la Testa Ventilegne (Figari)

Emblématique  des sites remarquables en cours de déclassement

LA TESTA VENTILEGNE

au coeur du combat écologique et sociétal pour la Corse 

Nous assistons aujourd’hui à une mobilisation des associations de défense de l’environnement et d’une trentaine d’organisation politiques, syndicales et autres pour alerter contre les projets d’urbanisation de certaines zones sensibles. Ce sont ces mêmes zones qui déjà étaient au cœur des débats lors de l’étude de la proposition de Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse de 2009 (PADDUC) avec les mêmes projets d’urbanisation.

Or préserver les équilibres biologiques dans le respect des sites remarquables de l’île fut une des raisons pour lesquelles la proposition de PADDUC 2009 n’a pas été adoptée, le texte ayant suscité une forte polémique sur le plan environnemental. La situation pour l’heure reste donc gérée par le Schéma d’Aménagement de la Corse de 1992. En effet ce projet de PADDUC ouvrait à l’urbanisation de zones qui jusque là étaient protégées en réduisant les surfaces inscrites à la Carte des protections, « désanctuarisant » une partie du littoral.

Pour mieux comprendre cette problématique il faut connaitre les moyens de protection qui sont disponibles dans l’arsenal des défenseurs de l’environnement, en particulier en ce qui concerne le littoral soumis aux pressions immobilières et spéculatives les plus fortes.

C’est la « Loi Littoral » votée, il est bon de le rappeler, à l’unanimité par le parlement en 1986 qui vise à encadrer l’aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière. Elle a pour objectifs d’assurer le libre accès au rivage, de maintenir les activités économiques liées à la mer, de préserver les espaces naturels remarquables et les 100 m qui bordent le rivage en les rendant inconstructibles en dehors des zones d’agglomération existantes.

Ainsi l’équilibre se fait en conjuguant d’une part une extension de l’urbanisme uniquement en continuité avec les agglomérations et villages, et d’autre part le respect des sites qui ont obtenu une reconnaissance d’intérêt écologique.

La « Loi Littoral » peut s’appuyer entre autres sur deux types de classement :

-         les zones Natura 2000 qui font partie du réseau mis en place par l’Union Européenne avec ses Zones de Protections Spéciales pour la conservation d’oiseaux sauvages (ZPS) et ses Zones Spéciales de Conservation pour certains habitats naturels ou espèces animales et végétales (ZSC).

-         Les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) en particulier de type 1 à grand intérêt biologique ou écologique. Les ZNIEFF sont inscrites à l’Inventaire du Patrimoine Naturel.

Ces deux dispositifs rendent inconstructibles de telles zones. Le classement est donc primordial pour leur protection et la cartographie prend ici une importance capitale.

Le Conservatoire du Littoral (Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres), est un établissement public membre de l’Union Mondiale pour la Nature qui a pour objectif d’acquérir un tiers du littoral français, une partie du domaine public maritime et des zones humides, à des fins de conservation et de protection du patrimoine naturel et culturel du littoral. Il peut se porter acquéreur de certains sites. C’est comme cela qu’une grande partie du site remarquable de la Testa Ventilengne a pu être protégée, seule la partie centrale en est exclue, ayant été achetée en 2001 par la municipalité de Figari.

Malgré le rejet du PADDUC de 2009 considéré comme nuisible à la protection des sites remarquables, certaines zones protégées sont en cours de déclassement.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral interpelle aujourd’hui la population insulaire et au-delà, sur les déclassements en cours. Il met le focus sur des espaces naturels connus de tous pour leur beauté et leur intérêt écologique : il s’agit des lieux emblématiques d’Arone sur les côtes rocheuses de Capo Rosso (commune de Piana), de Monte Scupetu à la Punta di Ventilegne (commune de Figari) et d’une partie côtière de la forêt territoriale de Chjavari (commune de Coti Chjavari). Sur ces trois sites des projets d’urbanisation avaient été dénoncés lors de la présentation du PADDUC en 2009 et le déclassement en cours d’une partie de ces zones protégées (soit en ZNIEFF soit en zones Natura 2000) rend ces projets à nouveau possibles.

Enfin rappelons, et ce n’est pas un point de détail, que c’est l’état qui classe et déclasse par le biais de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, la DREAL. Cette administration prend théoriquement un conseil avisé auprès de l’instance consultative à vocation scientifique créée en 2002 à cet effet, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN).

Sur les trois dossiers mis en lumière aujourd’hui par le Collectif pour l’application de la Loi Littoral, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel a été saisi pour émettre un avis. Pour Arone sur la commune de Piana et pour la Testa Ventilegne sur la commune de Figari cet avis a été défavorable au déclassement des zones considérées. Pour le site de Coti Chjavari, le CSRPN devait recevoir pour étude un projet de modification des zones protégées comprenant un échange entre la zone convoitée pour urbanisation et une zone plus au sud présentant elle aussi un intérêt écologique certain. La décision de déclassement de ce site a été reportée, des études complémentaires ayant été demandées à l’unanimité par le Conseil Scientifique Régional. Par contre la DREAL est passée outre l’avis défavorable du CSRPN pour les deux sites d’Arone et de la Testa Ventilegne puisqu’ils sont d’ors et déjà modifiés sur la cartographie de référence à la protection des zones remarquables.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral demande le gel de tous ces projets tant que le nouveau PADDUC n’est pas approuvé, l’inconstructibilité de toutes les ZNIEFF de type 1 et le maintien de la cartographie la plus large des espaces remarquables (avant modification).

Aujourd’hui encore les mairies font mine de se baser sur le respect des zones protégées pour élaborer leurs projets d’urbanisme, négligeant de préciser que les zones en question étaient protégées hier encore et viennent de sortir de la Carte des protections sans tenir compte des avis du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel.

 

Un rassemblement avec merendella aura lieu sur le site de la Testa Ventilegne le dimanche 21 avril, rendez-vous est donné à partir de 10h à l’embranchement de la route de Figari avec la RN 196.

 

Nous avons essayé de comprendre le contexte technique qui entoure ces dossiers pour vous en livrer une rapide synthèse. Blog’in Giru vous invite à vous pencher sur cette problématique qui engage l’avenir de ces zones de manière irrémédiable. Participer à ce débat citoyen est de notre droit et même de notre devoir à tous, et le principe de précaution pourrait ici être de bon aloi.

Restons vigilants pour protéger ce qui peut encore l’être.

17 avril 2013

TRIO MAGIQUE AU FESTIVAL EQUINOXE

Publié par blog'in giru dans concerts, jazz

Un triomphe en première partie 

TRIO MAGIQUE AU FESTIVAL EQUINOXE dans concerts the-trio-of-oz-300x269

Pour la soirée de clôture du festival de jazz

THE TRIO OF OZ

Enchante le public bastiais

Miracle de la musique qui vous attrape et vous emporte sur les lignes de sa partition aérienne, la vue se confond avec l’écoute, chaque phrase musicale et chaque rythme, chaque note et chaque silence se conjuguent aux gestes qui les font naître et l’on entre en résonance avec les trois instrumentistes pour faire corps avec eux et ne faire qu’un avec ce trio d’Oz, magique.

Pas d’esbroufe sonore ou visuelle, l’œil peut se poser, se plonger dans le jeu au gré des notes, et découvre en même temps que l’ouïe ces trois musiciens et leur présence, tout en force et en nuances à la fois.

C’est une femme jeune qui s’est instalée au piano, short et grosses chaussures couvertes de strass, un bonnet sur son abondante chevelure. Elle donne toute la puissance son clavier dès les premières mesures. Puis elle alterne entre solo de main droite impeccable et duo d’accords plaqués gravement. Sur le troisième morceau, Angry chair, elle est toute en tension musicale, et quel rythme !! Souvent elle tressaute vers son clavier comme habitée, puis ses mains se retirent par à-coups pour se reposer comme des papillons. Elle sait aussi se faire douce pour canaliser la puissance de son instrument. Ses pieds sont aussi actifs que ses mains, tout en elle vit avec sa musique.

Beauté des mains qui volent sur la surface du piano et sur le manche de la contrebasse.

Le volumineux instrument à cordes se livre sur un rythme discret de drum et sur ce piano à la ligne mélodique piano piano. Un tapotement de la main sur les cordes quand la contrebasse conclue. Une intro attaquée à l’archet en alternance avec le buté, subtile… Le contrebassiste reste flegmatique mais son attitude discrète ne fait pas pour autant oublier sa basse qui bourdonne visitant la totalité du manche de l’instrument dans toutes ses nuances. Le public est pantois lorsque la contrebasse nous fait de l’accompagnement un festival pour entamer ensuite  un solo qui donne toute sa voix à ce magnifique instrument.

Quand au batteur, au rythme très technique, au jeu rapide et bien dosé, entre douceur et envolée pleine de légèreté, il soulève les applaudissements dès le premier morceau après une belle prestation qui éblouit le public.

A l’intro pour le deuxième morceau, la batterie toute subtile développe son son avec grâce et ouvre le champ aux deux autres avec élégance. La retenue du batteur est à la fois tout en relâchement inspiré, dur et doux, du poétique, de la force et de la caresse.

Sur le titre Angry chair, les baguettes semblent glisser vers les cymbales. Maitrise technique époustouflante qui donne un bel équilibre au trio. Parfois le toucher est si léger et puissant à la fois, la cymbale vibre juste ce qu’il faut, et l’on savoure chaque touche avec délectation. Par moment le batteur utilise toute la surface de la cymbale avec toutes les différences sonores qui en découlent et ne se commet jamais dans la démonstration malgré sa technique de haut vol. De l’émotion pure, de la joie. D’ailleurs le batteur a un sourire éclatant sur ce morceau. On le sent dans la jouissance de son instrument. Et son plaisir nous fait plaisir. Un vrai partage.

Les sonorités composent une harmonie qui enchante, quelques notes de piano, batterie sur la caisse claire, la grosse caisse est toute en nuances aussi. Puis les trois ensemble se rejoignent et nous comblent.

L’éclairagiste pose trois cercles de lumière au sol pour auréoler trois artistes lumineux dans leur jeu tandis que le drum effleure petit et moyen toms avec maestria.

L’oreille baignée de nuances, le regard est attiré tantôt vers l’un tantôt vers l’autre pour saisir la subtilité de chaque geste.

Malgré la technicité de son instrumentaliste, la batterie ne prend jamais la parole avec trop d’insistance. Elle se retire comme les vagues et reviens caresser le rivage de notre espace sonore. Des vagues où chacun trouve sa place avec justesse. Oui vraiment quel équilibre !!!

L’archet à la contrebasse a la profondeur grave du violoncelle, il dit sa ligne mélodique pleine de grâce et de mélancolie. C’était déjà le premier rappel, mais le trio est réclamé à nouveau avec enthousiasme par le public du théâtre de Bastia pour un autre titre. On a du mal à se quitter, on se sépare à contre cœur.

Rien d’étonnant à ce succès puisque Omar Hakim et son Trio of Oz est connu des afficionados des trio jazz de haut vol. Monument de la musique de ces trois dernières décennies, Omar Hakim s’est faufilé partout et a touché à tous les styles. On l’a retrouvé derrière les fûts aux côtés de Miles Davis, de David Bowie, de Madonna ou de Dire Straits à la rythmique de « Brother in Arms », ou encore sur scène avec Sting pour l’enregistrement du légendaire double-CD livre au début des années 90. A ses côtés, la pianiste Rachel Z, qui a travaillé avec des artistes tels que Wayne Shorter, Stanley Clarke ou Peter Gabriel a été récompensée d’un Grammy du meilleur pianiste de jazz.

Quant à Luques Curtis, il a étudié avec John Lockwood et Ron Mahdi.

Avec une réputation inégalée de virtuosité musicale, de groove et de soul, le Trio d’Oz nous fait vivre une expérience musicale unique !

Après la magnifique prestation de Melody Gardot la veille, le public était exigent et le triomphe réservé à cette première partie de récital de clôture en fait la révélation du festival Equinoxe 2013.

Contact :
Théâtre Municipal
Rue Favalelli
Bastia
Tél. : 04 95 34 98 00

7 avril 2013

CINÉMA EN MODE BRITISH

Publié par blog'in giru dans cinéma

26e Quinzaine Britannique de Bastia

CINÉMA EN MODE BRITISH dans cinéma sugar-man-300x212
Éblouissant

SEARCHING FOR

SUGAR MAN

Film documentaire captivant et touchant

réalisé par Malik Benjelloul

1968, Detroit. La nuit. Dans le brouillard. Dans un bar des producteurs d’une maison d’édition de disques vont à la rencontre d’un musicien, un dénommé Rodriguez. Dès les premiers instants ils découvrent un homme discret qui plaque ses accords, dos au public et sa voix d’emblée les envoute. Comparée à celle de Bob Dylan, cette voix est pour eux la garantie d’un succès international. Mais l’homme lui est un mystère. SDF, travailleur sur des chantiers de bâtiment, ou bien nomade urbain vivant de foyer en foyer, personne ne sait qui est ce chanteur. Les différentes personnalités qui sont interviewées le décrivent de façon unanime comme un artiste voué à un destin hors du commun et chacun est retourné d’émotion à la simple évocation de son souvenir. Mais leurs espérances sont déçues et après deux albums qui, d’une façon totalement incompréhensible, passent totalement inaperçus, l’homme disparait de la scène artistique fin 1971.

A la même époque, l’Afrique du Sud est plongée dans le totalitarisme et l’apartheid et coupée du monde occidental, boycottée aussi bien par l’Europe que par les états unis. C’est dans cet immense pays qu’une jeune américaine va amener une copie du premier album de Rodriguez. Ses chansons vont alors connaitre un énorme succès auprès en particulier des classes moyennes Afrikaners et faire du chanteur une icône rebelle. Les révoltes ensanglantent le pays et l’album est perçu comme un album protestataire, en particulier le titre « The establishment blues ». Dans cet état militarisé, ce titre de Rodriguez un véritable choc et le mouvement alternatif Afrikaners en révolte contre l’apartheid s’en empare pour en faire un hymne, au point que dans les archives, les disques sont non seulement marqués comme prohibés mais la chanson est rayée dans le vinyle pour ne pouvoir être diffusée.

En 1996, le deuxième album de Rodriguez arrive en Afrique du Sud. L’homme est toujours un mystère et ce que l’on sait seulement c’est qu’il s’est suicidé sur scène. Chacun de son coté, deux Sud-africains vont enquêter sur lui et sur le mystère que représentent les sommes générées par les ventes des 500 000 albums distribués dans le pays. L’équivalant de dix fois le nombre pour être « Disque d’or ».

Le documentaire qui associe photographies, images d’archives, paysages naturels, mégalopoles et interviews, le tout filmé en super 8, devient une enquête, un documentaire d’investigation, construit et monté avec une rare intelligence, qui nous tient en haleine de bout  en bout, et qui plus est, extrêmement bien filmé.

La suite de l’histoire, qui ne sera pas révélée ici afin de ne pas déflorer les mystères aux spectateurs désireux de voir le film, nous entraine à travers les deux continents à la recherche des traces de ce musicien d’exception, de ses ayants droits et des producteurs des maisons de disques impliquées. Il nous plonge aussi bien dans l’Afrique du Sud de l’apartheid que dans le milieu des travailleurs pauvres de Detroit, autres sans voix, et dans le milieu de la musique qui broie ses génies dans l’indifférence.

Dans ce documentaire, qui a obtenu l’Oscar 2013 et deux prix au festival de Sundance on retrouve à la fois les problématiques du roman social, et celles des mouvements dissidents sous  les régimes totalitaires.

Les ressorts sont ceux du polar dont les protagonistes sont des passionnés prêts à tout pour dénouer l’énigme qui entoure leur idole.

Mais par dessus tout c’est un conte de fée pour tout artiste qui rêve d’exister au travers de sa production artistique et de devenir une icône. Et si le carrosse redevient citrouille, ce film suscite autant de curiosité que d’émotion envers cet artiste hors du commun.

La voix de Rodriguez est absolument sublime, ses titres sont sans conteste des merveilles et ses deux albums qui constituent l’essentiel de la bande son vont certainement connaitre après ce film le succès dont ils ont été privés par le passé.

La révélation de ce que fut la vie de cet artiste oublié réconcilie avec le genre humain.

Le public de la Quinzaine Britannique de Bastia 2013 ne s’y est pas trompé, puisqu’une salve d’applaudissements est née spontanément des travées de la salle obscure à la fin de la projection. Quelques larmes au coin des yeux aussi, tant l’émotion était forte, mais une émotion positive où le sentiment qui prédomine est celui d’une grande humanité.

 

Ce film est encore à l’affiche pour quelques jours, ne le ratez pas !!!

Et découvrez les deux albums de Sixto Rodriguez sans plus tarder !

 

Contact :

www.cinema-studio.com

tel : 04 95 31 12 94

Efax.fr |
Mes petites astuces |
Toptendence |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hasegmasup
| Marikeargente
| Devis de renovation