Blog'in giru

7 avril 2013

CINÉMA EN MODE BRITISH

Publié par blog'in giru dans cinéma

26e Quinzaine Britannique de Bastia

CINÉMA EN MODE BRITISH dans cinéma sugar-man-300x212
Éblouissant

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SUGAR MAN

Film documentaire captivant et touchant

réalisé par Malik Benjelloul

1968, Detroit. La nuit. Dans le brouillard. Dans un bar des producteurs d’une maison d’édition de disques vont à la rencontre d’un musicien, un dénommé Rodriguez. Dès les premiers instants ils découvrent un homme discret qui plaque ses accords, dos au public et sa voix d’emblée les envoute. Comparée à celle de Bob Dylan, cette voix est pour eux la garantie d’un succès international. Mais l’homme lui est un mystère. SDF, travailleur sur des chantiers de bâtiment, ou bien nomade urbain vivant de foyer en foyer, personne ne sait qui est ce chanteur. Les différentes personnalités qui sont interviewées le décrivent de façon unanime comme un artiste voué à un destin hors du commun et chacun est retourné d’émotion à la simple évocation de son souvenir. Mais leurs espérances sont déçues et après deux albums qui, d’une façon totalement incompréhensible, passent totalement inaperçus, l’homme disparait de la scène artistique fin 1971.

A la même époque, l’Afrique du Sud est plongée dans le totalitarisme et l’apartheid et coupée du monde occidental, boycottée aussi bien par l’Europe que par les états unis. C’est dans cet immense pays qu’une jeune américaine va amener une copie du premier album de Rodriguez. Ses chansons vont alors connaitre un énorme succès auprès en particulier des classes moyennes Afrikaners et faire du chanteur une icône rebelle. Les révoltes ensanglantent le pays et l’album est perçu comme un album protestataire, en particulier le titre « The establishment blues ». Dans cet état militarisé, ce titre de Rodriguez un véritable choc et le mouvement alternatif Afrikaners en révolte contre l’apartheid s’en empare pour en faire un hymne, au point que dans les archives, les disques sont non seulement marqués comme prohibés mais la chanson est rayée dans le vinyle pour ne pouvoir être diffusée.

En 1996, le deuxième album de Rodriguez arrive en Afrique du Sud. L’homme est toujours un mystère et ce que l’on sait seulement c’est qu’il s’est suicidé sur scène. Chacun de son coté, deux Sud-africains vont enquêter sur lui et sur le mystère que représentent les sommes générées par les ventes des 500 000 albums distribués dans le pays. L’équivalant de dix fois le nombre pour être « Disque d’or ».

Le documentaire qui associe photographies, images d’archives, paysages naturels, mégalopoles et interviews, le tout filmé en super 8, devient une enquête, un documentaire d’investigation, construit et monté avec une rare intelligence, qui nous tient en haleine de bout  en bout, et qui plus est, extrêmement bien filmé.

La suite de l’histoire, qui ne sera pas révélée ici afin de ne pas déflorer les mystères aux spectateurs désireux de voir le film, nous entraine à travers les deux continents à la recherche des traces de ce musicien d’exception, de ses ayants droits et des producteurs des maisons de disques impliquées. Il nous plonge aussi bien dans l’Afrique du Sud de l’apartheid que dans le milieu des travailleurs pauvres de Detroit, autres sans voix, et dans le milieu de la musique qui broie ses génies dans l’indifférence.

Dans ce documentaire, qui a obtenu l’Oscar 2013 et deux prix au festival de Sundance on retrouve à la fois les problématiques du roman social, et celles des mouvements dissidents sous  les régimes totalitaires.

Les ressorts sont ceux du polar dont les protagonistes sont des passionnés prêts à tout pour dénouer l’énigme qui entoure leur idole.

Mais par dessus tout c’est un conte de fée pour tout artiste qui rêve d’exister au travers de sa production artistique et de devenir une icône. Et si le carrosse redevient citrouille, ce film suscite autant de curiosité que d’émotion envers cet artiste hors du commun.

La voix de Rodriguez est absolument sublime, ses titres sont sans conteste des merveilles et ses deux albums qui constituent l’essentiel de la bande son vont certainement connaitre après ce film le succès dont ils ont été privés par le passé.

La révélation de ce que fut la vie de cet artiste oublié réconcilie avec le genre humain.

Le public de la Quinzaine Britannique de Bastia 2013 ne s’y est pas trompé, puisqu’une salve d’applaudissements est née spontanément des travées de la salle obscure à la fin de la projection. Quelques larmes au coin des yeux aussi, tant l’émotion était forte, mais une émotion positive où le sentiment qui prédomine est celui d’une grande humanité.

 

Ce film est encore à l’affiche pour quelques jours, ne le ratez pas !!!

Et découvrez les deux albums de Sixto Rodriguez sans plus tarder !

 

Contact :

www.cinema-studio.com

tel : 04 95 31 12 94

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