Blog'in giru

17 avril 2013

TRIO MAGIQUE AU FESTIVAL EQUINOXE

Publié par blog'in giru dans concerts, jazz

Un triomphe en première partie 

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Pour la soirée de clôture du festival de jazz

THE TRIO OF OZ

Enchante le public bastiais

Miracle de la musique qui vous attrape et vous emporte sur les lignes de sa partition aérienne, la vue se confond avec l’écoute, chaque phrase musicale et chaque rythme, chaque note et chaque silence se conjuguent aux gestes qui les font naître et l’on entre en résonance avec les trois instrumentistes pour faire corps avec eux et ne faire qu’un avec ce trio d’Oz, magique.

Pas d’esbroufe sonore ou visuelle, l’œil peut se poser, se plonger dans le jeu au gré des notes, et découvre en même temps que l’ouïe ces trois musiciens et leur présence, tout en force et en nuances à la fois.

C’est une femme jeune qui s’est instalée au piano, short et grosses chaussures couvertes de strass, un bonnet sur son abondante chevelure. Elle donne toute la puissance son clavier dès les premières mesures. Puis elle alterne entre solo de main droite impeccable et duo d’accords plaqués gravement. Sur le troisième morceau, Angry chair, elle est toute en tension musicale, et quel rythme !! Souvent elle tressaute vers son clavier comme habitée, puis ses mains se retirent par à-coups pour se reposer comme des papillons. Elle sait aussi se faire douce pour canaliser la puissance de son instrument. Ses pieds sont aussi actifs que ses mains, tout en elle vit avec sa musique.

Beauté des mains qui volent sur la surface du piano et sur le manche de la contrebasse.

Le volumineux instrument à cordes se livre sur un rythme discret de drum et sur ce piano à la ligne mélodique piano piano. Un tapotement de la main sur les cordes quand la contrebasse conclue. Une intro attaquée à l’archet en alternance avec le buté, subtile… Le contrebassiste reste flegmatique mais son attitude discrète ne fait pas pour autant oublier sa basse qui bourdonne visitant la totalité du manche de l’instrument dans toutes ses nuances. Le public est pantois lorsque la contrebasse nous fait de l’accompagnement un festival pour entamer ensuite  un solo qui donne toute sa voix à ce magnifique instrument.

Quand au batteur, au rythme très technique, au jeu rapide et bien dosé, entre douceur et envolée pleine de légèreté, il soulève les applaudissements dès le premier morceau après une belle prestation qui éblouit le public.

A l’intro pour le deuxième morceau, la batterie toute subtile développe son son avec grâce et ouvre le champ aux deux autres avec élégance. La retenue du batteur est à la fois tout en relâchement inspiré, dur et doux, du poétique, de la force et de la caresse.

Sur le titre Angry chair, les baguettes semblent glisser vers les cymbales. Maitrise technique époustouflante qui donne un bel équilibre au trio. Parfois le toucher est si léger et puissant à la fois, la cymbale vibre juste ce qu’il faut, et l’on savoure chaque touche avec délectation. Par moment le batteur utilise toute la surface de la cymbale avec toutes les différences sonores qui en découlent et ne se commet jamais dans la démonstration malgré sa technique de haut vol. De l’émotion pure, de la joie. D’ailleurs le batteur a un sourire éclatant sur ce morceau. On le sent dans la jouissance de son instrument. Et son plaisir nous fait plaisir. Un vrai partage.

Les sonorités composent une harmonie qui enchante, quelques notes de piano, batterie sur la caisse claire, la grosse caisse est toute en nuances aussi. Puis les trois ensemble se rejoignent et nous comblent.

L’éclairagiste pose trois cercles de lumière au sol pour auréoler trois artistes lumineux dans leur jeu tandis que le drum effleure petit et moyen toms avec maestria.

L’oreille baignée de nuances, le regard est attiré tantôt vers l’un tantôt vers l’autre pour saisir la subtilité de chaque geste.

Malgré la technicité de son instrumentaliste, la batterie ne prend jamais la parole avec trop d’insistance. Elle se retire comme les vagues et reviens caresser le rivage de notre espace sonore. Des vagues où chacun trouve sa place avec justesse. Oui vraiment quel équilibre !!!

L’archet à la contrebasse a la profondeur grave du violoncelle, il dit sa ligne mélodique pleine de grâce et de mélancolie. C’était déjà le premier rappel, mais le trio est réclamé à nouveau avec enthousiasme par le public du théâtre de Bastia pour un autre titre. On a du mal à se quitter, on se sépare à contre cœur.

Rien d’étonnant à ce succès puisque Omar Hakim et son Trio of Oz est connu des afficionados des trio jazz de haut vol. Monument de la musique de ces trois dernières décennies, Omar Hakim s’est faufilé partout et a touché à tous les styles. On l’a retrouvé derrière les fûts aux côtés de Miles Davis, de David Bowie, de Madonna ou de Dire Straits à la rythmique de « Brother in Arms », ou encore sur scène avec Sting pour l’enregistrement du légendaire double-CD livre au début des années 90. A ses côtés, la pianiste Rachel Z, qui a travaillé avec des artistes tels que Wayne Shorter, Stanley Clarke ou Peter Gabriel a été récompensée d’un Grammy du meilleur pianiste de jazz.

Quant à Luques Curtis, il a étudié avec John Lockwood et Ron Mahdi.

Avec une réputation inégalée de virtuosité musicale, de groove et de soul, le Trio d’Oz nous fait vivre une expérience musicale unique !

Après la magnifique prestation de Melody Gardot la veille, le public était exigent et le triomphe réservé à cette première partie de récital de clôture en fait la révélation du festival Equinoxe 2013.

Contact :
Théâtre Municipal
Rue Favalelli
Bastia
Tél. : 04 95 34 98 00

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