Blog'in giru

20 mai 2013

UN KÉPI A L’ATELIER THÉÂTRE MOUVEMENT MUSIQUE

Publié par blog'in giru dans danse contemporaine, musique, théâtre

Fin d’une belle aventure

UN KÉPI A L'ATELIER THÉÂTRE MOUVEMENT MUSIQUE   dans danse contemporaine mon-kepi-blanc-229x300

Avec la création de la pièce de Sonia Chambretto

MON KÉPI BLANC

Par l’Atelier Théâtre Mouvement Musique

A la Fabrique de Théâtre de Bastia

Fruit de 300 heures d’atelier, stages et répétitions, cette ultime création de l’Atelier Théâtre Mouvement Musique 2007-2013, réunissant 7 jeunes femmes et adolescentes chanteuses et musiciennes, évoque des bribes de vie du légionnaire Jozef.
Pas de paradoxe à ce que ces jeunes femmes soient le vecteur de la parole des absents, n’est-ce pas souvent le cas dans nos cultures orales. Pas de paradoxe donc mais une distance. Une distance également dans les âges des protagonistes et ceux des musiciennes-chanteuses-comédiennes, à même de symboliser cette entrée dans une nouvelle vie, dans ce corps militaire où l’on endosse un autre état civil et où l’on « fait table rase du passé ».

Chambretto utilise la litanie comme une musique au cœur de la langue pour rendre le langage commun d’individus d’origines disparates qui ne parlent pas le même dialecte. La litanie, par son origine liturgique, c’est l’acte répété qui unit dans les mots de formules identiques parlées ou chantées. Ici la liturgie n’est certes pas religieuse mais elle élabore une langue commune dans le langage militaire déroulé comme un rouleau de prières tibétain ou hébraïque. Ce langage décline comme dans un manuel tout à trac et par le menu, les vêtements militaires, les acronymes utilisés pour désigner des véhicules en tous genres (VLS et autres) ou des lieux de plaisirs éphémères les BMC, bordels militaires de campagne. C’est aussi la litanie qui désigne les ennemis, du Niakoué au Fellaga, les instruments de la fanfare, les instructions à l’entrainement, les récits de combats, les commémorations. Et toujours, ponctuant cette litanie, des règles égrenées tout du long et qui structurent la vie et le mental du légionnaire.

Cette musique des mots proposée par Sonia Chambretto est ici le prétexte à un jeu de mime, base de la chorégraphie, en gestes calibrés, en ensembles bien huilés qui par moments se disloquent. Tantôt dansée, tantôt jouée, c’est une chorégraphie de l’hybride comme ces régiments, comme ces danses tribales qui rejouent combats et moments clés de la vie du groupe, un massacre dans une  cocoteraie. En ligne, en carré, en demi cercle ou face à face, ce sont les corps qui finissent les limites des espaces, matérialisés seulement par les lumières et par deux dispositifs, un alignement clairsemé de longs bambous, rideau ou barrière végétale, et sur une estrade à roulettes de fortune, deux  blocs de sièges avec strapontins.

Le chant et la musique, comme dans chaque microcosme, accompagnent le quotidien avec sa spécificité. Ici, comme dans les régiments, la musique et les chants viennent de tous horizons et les jeunes filles sur scène peuvent dévoiler leurs talents en herbe.

Instrumentistes déjà bien affirmées, nos demoiselles soldats nous régalent, au violon et alto, à la mandoline, à l’accordéon, au piano. Elles chantent, en différentes langues, un répertoire musical parcourant les deux Amériques, l’Algérie, l’Europe… des chants du monde, graves, suaves ou nostalgiques parfois plus gais lorsque le jazz s’y mêle.

Pour accompagner cette troupe de jeunes musiciennes dans cette expérience scénique, deux artistes de talents, Célia Picciocchi violoniste présente dans plusieurs formations et qu’on ne présente plus tant ses projets sont variés et innovants, et Félix Raffini à la guitare électrique. Celui-ci excelle à l’accompagnement solo, donne les ambiances et les rythmes, souvent à la marge de la scène, rarement au centre, mais efficace et précis.

Et le spectateur amusé et ému suit Jozef dans son périple de Marseille à Strasbourg en passant par les « Petites Colonies » (Algérie, Indochine, Djibouti). Nouvelle litanie, Jozef, Joseph, Ghjaseppu,…

Sonia Chambretto a grandi à Aubagne, en face de la Légion étrangère.
Mon Képi Blanc est écrit à partir d’entretiens, de conversations enregistrées avec des Képis Blancs de la Maison mère de la légion étrangère à Aubagne.

Nous avons connu et connaissons encore en Corse ces régiments et leur monde refermé sur lui-même, aussi clos ici qu’il l’est lorsqu’ils sont en mission en pays étrangers, car ces gars là , toujours en exil, n’ont plus d’autre patrie que l’horizon de leur garnison. Ce témoignage de la parole des oubliés de l’histoire est une belle page pour clore,  avec Bénédicte Flatet à la direction musicale et Catherine Graziani à la mise en scène, l’expérience commencée en 2007 par l’Atelier Théâtre Mouvement Musique et ces jeunes talents en devenir.

 

Encore sur la scène de la Fabrique de Théâtre lundi 20 mai à 18 heures.

 

Renseignements/réservations :
Fabrique de Théâtre
2 rue N.D. de Lourdes
Bastia
Tél. :             04 95 390 165
compagnie.theatre.alibi@orange.fr 
http://www.theatrealibi.com

20 mai 2013

NUIT D’HISTOIRE VIVANTE AU MUSÉE DE BASTIA

Publié par blog'in giru dans histoire et patrimoine, lecture théâtrale

Visite spectacle inspirée directement des collections du musée et de l’histoire de la Ville

NUIT D'HISTOIRE VIVANTE AU MUSÉE DE BASTIA   dans histoire et patrimoine bastia-anu-dettu-300x238

Confiée à la jeune compagnie Bastiaise La Spirale

BASTIA ANU DETTU

(Ils ont dit, Hanno detto, They said…)

Alexandre Oppecini met en scène Philippe Ambrosini

La nuit européenne des musées avait lieu dès le coucher du soleil en ce 18 Mai 2013.

Au Palais des Gouverneurs un drôle de bonhomme nous précédait dans les couloirs du musée de la ville de Bastia pour une visite guidée d’un genre un peu nouveau en ce lieu. Encapuchonné dans une robe de bure noire, tel une statue d’un musée de cire, il nous attend immobile dans une niche , comme une œuvre placée là, à l’exposition de nos regards,  et nous invite à une déambulation de salle en salle.

Après un Roméo et Juliette donné dans les jardins du Palais des Gouverneurs l’année passée, Alexandre Oppecini a été chargé de mettre en scène des textes de son choix pour animer la nuit européenne des musées 2013 pour la ville de Bastia. Il a donc choisi de nous faire voyager dans Bastia et dans le temps avec un comédien prêt à assumer tous les personnages à la fois, il s’agit de Philippe Ambrosini.

Le choix de textes lui permet d’en explorer les talents puisqu’il lui fait incarner tour à tour des personnalités très différentes qui vécurent du XVIème au XIXème siècle.

Le ton est révérencieux, presque obséquieux à l’évocation de l’Office Saint Georges lorsque le comédien donne vie au récit de l’Abbé Agustino Giustiniano,  évêque en charge du diocèse du Nebbio en l’an de grâce 1523, érudit d’envergure européenne qui fréquente Thomas More et Erasme. Il y décrit la pauvreté de la cité dont la principale qualité est sa situation proche de l’Italie mais qui ne rapporte peu de subsides à l’Office gestionnaire de l’île depuis 1453. Il y pointe déjà la difficulté d’y avoir une véritable infrastructure portuaire eu égard à sa situation.

Montée à l’étage en suivant notre robe de bure qui entonne A palatina.

L’indignation est saisissante et soutenue dans un long souffle dramatique lors de la lecture du texte dans lequel les représentants de la Corse font part des griefs des Corses auprès de sa Majesté le roi en 1738. La situation dès la première phrase est sans ambigüité, puisqu’on y dépeint d’emblée « la pauvre Corse, en l’état où elle est, négligée, inculte, méprisée, opprimée, dépouillée ». Les quatre siècles de gouvernement génois n’ayant porté que guerre, criminalité, homicides et spoliation à un peuple que l’on a exclu de toute promotion au profit des nobles impécunieux de Gênes, ce texte relate un « usage monstrueux du pouvoir » qui « donnait libre carrière à la violence et aux meurtres » tout comme aux extorsions et aux cessions forcées des terres les plus vastes et les plus fertiles. De quoi faire réfléchir…

Lorsque Philippe Ambrosini se lance dans la lecture de la correspondance sur le siège de Bastia en 1794 de Sir Gilbert Elliot, chargé d’assiéger la ville, de Lacombe Saint Michel, représentant de la cité, et du Général Nelson, commandant de la flotte, il nous régale en changements de posture, de visage et de voix, bondissant sur un banc pour figurer le pont du navire et adopter l’emphase d’un Nelson ou se parant d’une grave dignité pour nous restituer le courage déterminé du valeureux résistant. Mais il nous rend le sourire enfin avec Lady Elliot qui donne ses impressions après son pénible débarquement puis son installation en ville. Dit avec humour, c’est un vrai dépliant touristique à l’exclusion des habitants peu civilisés et armés dès le plus jeune âge d’un fusil : « la gabbia senza l’ucelli » de Mussolini n’est qu’un prolongement des plus politiques de cette vision de l’île.

Le comédien campe ensuite le jeune Gustave Flaubert qui conte son voyage en Corse en 1840. A peine sorti de l’adolescence, c’est en Corse qu’il apprend à regarder, à observer, à engranger des images, à devenir écrivain. Il a visiblement été plus séduit par Ajaccio et ses palmiers que par la cité bastiaise.

Et pour finir la visite, Philippe Ambrosini sous la houlette du jeune Alexandre Oppecini, nous fait une description de Bastia à travers le récit à cette même époque d’un prêtre jésuite quadragénère, Gioacchino Prosperi. Si encore une fois 316 ans après l’Abbé Agustino Giustiniano il y pointe la difficulté d’y établir un port digne de ce nom, des changements sont soulignés, la modernité toute récente, les églises restaurées, l’instruction en plein essor. Il y conte au passage les derniers jours d’un condamné à mort. Ce prêtre par ses récits va nourrir  l’irrédentisme italien.

Et toujours à travers ces textes un amour de la Corse et des corses, amour de conquérants ou visiteurs qui s’ancre dans la beauté de paysages qui subjuguent, où le peuple est au mieux considéré comme accueillant ou porteur d’une forte imagerie telle que nous la connaissons encore et qui a nourri pendant des siècles le « complexe du colonisé ».

Cette présentation n’est pas sans rappeler le drame historique de Marco Cini « A sintenza » donné par U Teatrinu lors des Teatrale de Bastia par la confrontation décalée de la vision des corses et de celle justement des conquérants ou visiteurs qui y séjournent.

Une idée de visite au musée à creuser pour les scolaires afin de donner l’envie de se plonger dans l’histoire à la fois par les lieux, les objets et les textes avec la fougue des arts vivants, idée magnifiquement servie par les talents du jeune metteur en scène Alexandre Oppecini et de Philippe Ambrosini, l’acteur qu’il a dirigé artistiquement et accompagné physiquement sur l’ensemble de ces textes.

Contacts :
- Musée de Bastia
Marie-Hélène Giuly
04 20 00 89 03
mh.giuly@ville-bastia.fr

- La Compagnie La spirale
Alexandre Oppecini
06 15 37 87 49
alexoppecini@yahoo.com

 

6 mai 2013

MACHIAVELLI IN LINGUA CORSA U TEATRINU

Publié par blog'in giru dans théâtre

EN VERSION FRANÇAISE PLUS BAS

Machiavelli in lingua nustrale

MACHIAVELLI IN LINGUA CORSA        U TEATRINU dans théâtre affiche-mandracula-2-200x300

Guy Cimino adatta per U Teatrinu

A MANDRACULA

Prisentata à u teatru di Bastia

 

Eramu numerosi in Bastia à u teatru per vede ssa pezza adattata da Niccolo Machiavelli in lingua corsa. Prova chì, oghje, ci hè una vera brama per sente a lingua nustrale in una scrittura pupulara ma ricca.

E per què Guidu Cimino hà fattu una scelta interressante chì u teatru hè sempre statu un arte pupulare. Niccolo Machiavelli fù unu di i primi à mette in scena u teatru pupulare talianu chì sbuccerà nantu à a « comedia dell’arte » di u XVI seculu.

Moliere ci hà pigliatu a so inspirazione. Tutti i fili di u so teatru si trovanu dighjà in a pezza, scritta in 1520 chì mette in scena Fiurenza è i so burghesi.

Ssa pezza mette in piazza quasi tutta a tematica di Machiavelli cù a figura di u sgiò ingannatu da un più ghjovanu è più malignu chì li vole piglià a so piazza. Quì si tratta di a so moglia ma Machiavelli darretu à u persunaghju di Lucrezia simbulizeghja micca solu a donna ma dinò u pudere.

Ancu sè u scopu pare inacessibile, ci vole à mette in anda tutta a malizia pussibule, è prufittà di i desideri, di e brame d’ognunu per falli accettà ciò chì pare impussibile.

Cum’è Machiavelli Guidu Cimino principia a pezza cù un prologu. Cum’è ellu, pianta u decoru è prisenta i persunaghji. Machiavelli ellu, purtava in più l’attenzione di u spettatore nantu a so cundizione d’autore di mala sorte in pettu à a critica di u pudere.

Gallò, giuvanottu rivenutu da Parigi, aiutatu di u so servu Sirò è u s’amicu leccapiatti Licò, cercà à cunquerisce Lucrezia donna divota è pura, sposa di Nucè, puveru maritu nucente prontu à fassi ingannà.

Megliu, sò d’una parte u prete è cunfessore di a nostra moglia piosa è u so babbu stessu chì a portanu à u peccatu.

Bella sicura, ssu racontu hè l’occasine di mette in scena una lingua pupulare ind’un parlatu bastiacciu chì ci rallegra.

A chì ne piglia ne piglia : « baullu senza luchettu » , « scioccu senza baretta », « amicu di tichjina » o « cacastecchi ghjelosi ».

Ghjè un piacè di ritruvà e spressione chì tutt’ognunu cunnosce ma ch’ùn s’adupranu più tantu in lu parlatu oghjincu è chì ci rimentanu e nostre radiche paisane cum’è : « lasciatu quì rittu cum’un palu à fasgioli », « carchi cum’è susini », « trova sempre u pelu nant’à l’ove » o « carcu à soldi è pienghje a potta d’Anna ».

Da quì à quà, un pruverbiu, micca veramente feministu, ci ramenta u sgardu di l’omi nant’à e donne : « Trè pignatte, gran festa. Trè donne timpesta ». Una campazione !!

Ma ùn ci scurdemu micca chè no simu quì soprattuttu per ride, i codice di a « comedia », di a burla, sò quessi è l’attori a ci facenu tene à mente cù u so ghjocu scherzosu : u servu maliziosu, l’amicu leccapiatti, u prete più birbu chè piosu, u maritu bocchimelosu, fin’à u babbu chì pare più viziosu chè appinseratu per a so figliola…

Ancu i più seri, moglia onesta è gallente innamuratu, compianu sta pezza cù a malizia di quelli ch’anu prufittatu di u so malfattu.

E u publicu si capia, in giru à mè ùn sò chè risate è belle scaccanate.

Per falla cumpletta, Guidu Cimino hà puntuatu ogni attu cù un cantu scherzosu in la più pura tradizione pupulare.

Cù quasi nunda per decoru è pocchi costumi, Guidu Cimino ci fattu imaginà Bastia, i so carrughji, è ci hà ghjuculatu da veru.

Una serata per rende u teatru à u so primu scopu : tuccà ognunu, fendu riflette senza troppu ragiunà è sorte cù a risa in bocca, felici.

A ringrazzià l’attori di u teatrinu per ssu bellu mumentu.

Distribuzione :

Gallò : P. Tonielli

Sirò, u servu : J.L. Graziani

Licò, l’amicu leccapiatti : H. Olmeta

Nucè, u martui : J.B. Filippi

Lucrezia : C. Mattei

Sostru, u babbu : P.L. Santelli

Timuteu, u prete : J.P. Giudicelli

L’Omu/U canterinu di carrughju : S. Casalonga

 

 EN VERSION FRANÇAISE ICI

Nous étions nombreux au théâtre de Bastia pour voir cette pièce adaptée de Nicolas Machiavel en langue corse. C’est bien la preuve qu’aujourd’hui, il y a une vraie attente du public pour venir entendre notre langue corse dans une écriture populaire certes, mais riche.

En ce sens, Guy Cimino a fait un choix intéressant puisque le théâtre a toujours été un art populaire. Nicolas Machiavel fut un des premiers à mettre en scène le théâtre populaire italien qui débouchera sur la « comedia dell’arte » du XVI siècle.

Molière y a puisé son inspiration. Tous les artifices de son théâtre se trouvent déjà dans cette pièce, écrite en 1520 qui met en scène Florence et ses bourgeois.

Cette pièce met en place l’essentiel de la thématique de Machiavel avec la figure du seigneur installé trompé par un autre plus jeune et plus malin, qui aspire à prendre sa place. Ici il s’agit de son épouse mais Machiavel, derrière le personnage de Lucrezia veut symboliser non seulement la quête de la femme mais aussi celle du pouvoir.

Même si le but à atteindre parait inaccessible, il faut user de toute la perfidie possible, et profiter des désirs et des aspirations de chacun pour lui faire accepter ce qui lui paraissait impensable.

Comme Machiavel Cimino fait débuter la pièce par un prologue. Comme lui il plante le décor et présente les personnages. Par contre Machiavel, attirait en plus l’attention du spectateur sur sa condition d’auteur malheureux en proie à la critique du pouvoir.

Gallò, jeune home revenu de Paris, aidé de son serviteur Sirò et de son ami pique-assiette Licò, cherche à conquérir Lucrezia femme dévote et vertueuse, épouse de Nucè, le pauvre mari crédule pront à se faire rouler dans la farine.

Pire encore, ce sont d’une part le prêtre et confesseur de cette épouse pieuse et son propre père qui la pousse au pécher.

Bien sûr, cette histoire est l’occasion pour mettre en scène une langue populaire dans un parlé bastiais qui nous ravit.

Tout le monde en prend pour son grade : « baullu senza luchettu » , « scioccu senza baretta », « amicu di tichjina » o « cacastecchi ghjelosi ».

C’est un plaisir de retrouver des expressions corses que tout le monde connait mais qui ne sont plus tellement usitées dans le parlé d’aujourd’hui et qui nous renvoient nos racines paysanes : « lasciatu quì rittu cum’un palu à fasgioli », « carchi cum’è susini », « trova sempre u pelu nant’à l’ove » o « carcu à soldi è pienghje a potta d’Anna ».

De ci de là, un proverbe, pas vraiment féministe, nous rappelle le regard que les hommes portent souvent sur les femmes : « Trè pignatte, gran festa. Trè donne timpesta ». Un vrai régal !!

Mais nous sommes là pour rire ne l’oublions pas, et l’on retrouve les codes de la « comedia », de la farce, dans le jeu railleur des acteurs : le serviteur malin, l’ami pique-assiette, le prêtre plus gredin que pieux, le mari obséquieux, jusqu’au père qui parait plus vicelard qu’inquiet de sa fille…

Même les personnages les plus sérieux, femme honnête ou galant enamouré, finissent cette pièce avec le ton malicieux de ceux qui ont bien profité de leur mauvaise action.

Et le public se laisse entrainer, autour de moi ce ne sont que gens qui s’esclaffent et qui rient à gorge déployée.

Et pour compléter le tout, Guy Cimino a ponctué chaque acte d’une chanson drôle dans la plus pure tradition populaire.

Avec trois fois rien en guise de décor et peu d’effets de costumes Guy Cimino nous a fait imaginer Bastia, ses ruelles, et nous a vraiment divertis à souhait.

Une soirée qui ramène le théâtre à son objectif premier : toucher tout le monde, faire réfléchir sans trop y paraitre pour nous laisser repartir sortir le sourire aux lèvres, heureux.

Merci aux acteurs du Teatrinu pour ce beau moment de théâtre.

 

Distribution :

Gallò : P. Tonielli

Sirò, le serviteur : J.L. Graziani

Licò, l’ami pique-assiette : H. Olmeta

Nucè, le mari : J.B. Filippi

Lucrezia : C. Mattei

Sostru, le père : P.L. Santelli

Timuteu, le prêtre : J.P. Giudicelli

L’homme/Le chanteur de rue : S. Casalonga

 

Contacts :

U TEATRINU

Tinturaghju 20600 FURIANI
Tél.04.95.30.43.65 / 06 03 29 20 59
Fax 04.95.30.43.65

 

E-mail : uteatrinu@aol.com
Site Internet : www.uteatrinu.com

5 mai 2013

GALERIE GOUR-BONEFORTI BASTIA

Publié par blog'in giru dans art contemporain

Rencontre d’une oeuvre et mimodrame

GALERIE GOUR-BONEFORTI                BASTIA dans art contemporain patrici-pinzuti-gintz-300x207

Exposition Patricia Pinzuti-Gintz

MAMAN ! 

Et mimodrame

par Patrizia Poli et Jérémy Marchand

La galerie d’art contemporain Gour-Boneforti présente le travail de la plasticienne Patricia Pinzuti-Gintz. En pénétrant dans l’espace qui lui est dédié on pénètre dans un univers où la matière éthérée domine. Au premier regard il semble s’agir d’un atelier de couture mais les modèle pendus sont faits pour des géantes tandis que des robes de Lilliputiennes sont mises sous cloches de verre, comme pour retenir des fées imaginaires avant qu’elles ne prennent leur envol.

Le tulle, la délicatesse, la légèreté construisent un monde aux apparences tendres et virginales. Mais à y regarder de plus près, ces trames aériennes cachent, comme en filigrane des contrastes voilés qui demandent à être explorés, découverts par le détail que les transparences laissent parfois à peine deviner.

Ce sont des compositions en à-plat ou en volume qui toutes, dans leur sobriété, dessinent des corps désincarnés, et cette absence de chaire suggère la chaire pour mieux la faire vivre par le truchement de notre imagination propre. Ces corps fantomatiques sont les corps fantasmés que chacun voudra y projeter.

Tandis qu’absorbés par la contemplation de ces œuvres fugitives, presque immatérielles, faites de visages, de souvenirs, de maisons d’enfance peut-être, cherchant à percer le voile pour mieux imaginer l’encre de chine sur le papier de soie, le fil qui court blanc sur la trame sombre, alors s’élève un chant juvénile, joyeux et mélancolique, puis un cri. Patrizia Poli et Jérémy Marchand entrent, dans un « mimodrame ». La scène au premier abord déstabilise, dans cet univers vaporeux fait de mémoire, par ces présences brutalement charnelles. Mais des phrases, criées ou psalmodiées, reprises comme des écholalies, se répètent jusqu’à s’en désincarner elles aussi. Les corps matériels semblent à leur tour devenir irréels. La scène se déroule et vous happe dans un univers étrange. « Tout va bien se passer » nous répète-t-on. Oui, sous nos yeux l’enfantement a lieu, dans la douleur comme il se doit, pour sentir la vie qui bouscule, la vie qui prend le pas sur le souvenir, ou bien est-ce le souvenir de la morsure de la vie qui est là… Peut-être aussi l’enfantement de l’œuvre, douloureux et beau à la fois.

Ici c’est l’homme, incarné par Jérémy, qui donne la vie, renversement des rôles. Patrizia, l’enfant, vient au monde, comme si toute la scène avait égrainé les évènements à rebours, de l’adulte à l’enfant qui nait, du présent au passé. Tout prend sens, nous sommes dans l’univers de la plasticienne et c’est son texte qui est joué, c’est sa matrice qui met au monde et le chaos redevient silence. Seul persiste l’écho, le souvenir de cet enfantement…retour aux voiles et aux papiers de soie délicats.

Il y a plus qu’un travail de plasticienne, il y a de la poésie, du chant, du théâtre. Il y a du travail de styliste mais imprégné de philosophie. Sous des dehors paisibles, l’œuvre de l’artiste donne à penser, ouvrant des champs de réflexion nourris des arts du spectacle autant que l’imagination et du vécu du spectateur. Voilée, elle ne demande qu’à se révéler comme ces femmes orientales qui cachent leurs beautés et attisent la curiosité. Un hommage peut-être ?

 

L’art plastique et la poésie ont cela de fort, ils déstabilisent avant de se révéler, ils nous dérangent et nous interrogent. Et nous en sommes grés.

 

Pour découvrir Patricia Pinzuti-Gintz :

Bastia en Mai 2013, exposition personnelle « MAMAN ! » et son mimodrame, avec Patrizia Poli et Jeremy Marchand à la galerie d’art contemporain Gour-Beneforti 8 rue Napoléon

Nantes fin 2013, exposition Galerie « Café des Négociants »

http://www.alter-art.org/

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