Blog'in giru

5 mai 2013

GALERIE GOUR-BONEFORTI BASTIA

Publié par blog'in giru dans art contemporain

Rencontre d’une oeuvre et mimodrame

GALERIE GOUR-BONEFORTI                BASTIA dans art contemporain patrici-pinzuti-gintz-300x207

Exposition Patricia Pinzuti-Gintz

MAMAN ! 

Et mimodrame

par Patrizia Poli et Jérémy Marchand

La galerie d’art contemporain Gour-Boneforti présente le travail de la plasticienne Patricia Pinzuti-Gintz. En pénétrant dans l’espace qui lui est dédié on pénètre dans un univers où la matière éthérée domine. Au premier regard il semble s’agir d’un atelier de couture mais les modèle pendus sont faits pour des géantes tandis que des robes de Lilliputiennes sont mises sous cloches de verre, comme pour retenir des fées imaginaires avant qu’elles ne prennent leur envol.

Le tulle, la délicatesse, la légèreté construisent un monde aux apparences tendres et virginales. Mais à y regarder de plus près, ces trames aériennes cachent, comme en filigrane des contrastes voilés qui demandent à être explorés, découverts par le détail que les transparences laissent parfois à peine deviner.

Ce sont des compositions en à-plat ou en volume qui toutes, dans leur sobriété, dessinent des corps désincarnés, et cette absence de chaire suggère la chaire pour mieux la faire vivre par le truchement de notre imagination propre. Ces corps fantomatiques sont les corps fantasmés que chacun voudra y projeter.

Tandis qu’absorbés par la contemplation de ces œuvres fugitives, presque immatérielles, faites de visages, de souvenirs, de maisons d’enfance peut-être, cherchant à percer le voile pour mieux imaginer l’encre de chine sur le papier de soie, le fil qui court blanc sur la trame sombre, alors s’élève un chant juvénile, joyeux et mélancolique, puis un cri. Patrizia Poli et Jérémy Marchand entrent, dans un « mimodrame ». La scène au premier abord déstabilise, dans cet univers vaporeux fait de mémoire, par ces présences brutalement charnelles. Mais des phrases, criées ou psalmodiées, reprises comme des écholalies, se répètent jusqu’à s’en désincarner elles aussi. Les corps matériels semblent à leur tour devenir irréels. La scène se déroule et vous happe dans un univers étrange. « Tout va bien se passer » nous répète-t-on. Oui, sous nos yeux l’enfantement a lieu, dans la douleur comme il se doit, pour sentir la vie qui bouscule, la vie qui prend le pas sur le souvenir, ou bien est-ce le souvenir de la morsure de la vie qui est là… Peut-être aussi l’enfantement de l’œuvre, douloureux et beau à la fois.

Ici c’est l’homme, incarné par Jérémy, qui donne la vie, renversement des rôles. Patrizia, l’enfant, vient au monde, comme si toute la scène avait égrainé les évènements à rebours, de l’adulte à l’enfant qui nait, du présent au passé. Tout prend sens, nous sommes dans l’univers de la plasticienne et c’est son texte qui est joué, c’est sa matrice qui met au monde et le chaos redevient silence. Seul persiste l’écho, le souvenir de cet enfantement…retour aux voiles et aux papiers de soie délicats.

Il y a plus qu’un travail de plasticienne, il y a de la poésie, du chant, du théâtre. Il y a du travail de styliste mais imprégné de philosophie. Sous des dehors paisibles, l’œuvre de l’artiste donne à penser, ouvrant des champs de réflexion nourris des arts du spectacle autant que l’imagination et du vécu du spectateur. Voilée, elle ne demande qu’à se révéler comme ces femmes orientales qui cachent leurs beautés et attisent la curiosité. Un hommage peut-être ?

 

L’art plastique et la poésie ont cela de fort, ils déstabilisent avant de se révéler, ils nous dérangent et nous interrogent. Et nous en sommes grés.

 

Pour découvrir Patricia Pinzuti-Gintz :

Bastia en Mai 2013, exposition personnelle « MAMAN ! » et son mimodrame, avec Patrizia Poli et Jeremy Marchand à la galerie d’art contemporain Gour-Beneforti 8 rue Napoléon

Nantes fin 2013, exposition Galerie « Café des Négociants »

http://www.alter-art.org/

12 février 2013

FRAC DE LA CORSE

Publié par blog'in giru dans art contemporain

Espaces sensibles aux univers sonores

FRAC DE LA CORSE dans art contemporain affiche-dominic-216x300

 

Olivier Dominici

THREE STATES

BETWEEN

PLACES

Lieux traversés, habités de …soi-même

Le FRAC de Corse fêtera bientôt ses 30 ans et à cette occasion il y aura certainement énormément de communication autour de l’évènement qui mettra en valeur le travail réalisé au long des années.

Mais ce Fonds Régional d’Art Contemporain, outil de diffusion et de collecte d’œuvres d’artistes contemporains, il faut le rappeler, fait la part belle à nos artistes corses.

C’est le cas de l’exposition « Three states between places » qui nous propose, du 29 janvier au 28 mars 2013, un magnifique dialogue entre l’artiste de Pietracorbara, Olivier Dominici, le spectateur et l’espace physique et sonore.

 

Le dispositif mis en place et véritablement construit par Olivier Dominici consiste en un parcours dans trois salles. La première, toute sensitive, nous accueille dans ce que l’artiste a conçu comme une sculpture spatiale et sonore, le Temple « Tokonoma ». La deuxième figure son laboratoire conceptuel, sa démarche, qui, tout en présentant son cheminement intellectuel et technique, est très empreinte d’émotion pure liée aux formes, aux couleurs et aux textures. La troisième salle nous transporte à nouveau dans l’univers sensitif avec une autre installation de l’espace physique et sonore et cette fois-ci également temporel.

Pour apprécier pleinement ce parcours il faut laisser vivre son propre espace mental en écho à celui de l’artiste. Chacun y trouvera une part de lui-même, consciente ou inconsciente, qui se révèle le long du parcours au gré des sensations, des mises en résonance, des réminiscences ou des projections qui sont les nôtres.

 

Ma propre visite de l’exposition en fut un parfait exemple.

D’abord le Temple « Tokonoma », planté là au milieu d’une pièce blanche. Il se présente comme un caisson rappelant l’esthétique japonaise, bien sûr. A l’intérieur, un siège surélevé aux lignes ascétiques mais non sans évoquer un trône, un peu austère. L’espace sonore est occupé par des accords de guitare sèche, classique et la pièce qui déroule est semblable à des gammes, ponctuées de pincés et d’harmoniques. Le lieu n’est pas large mais le tramé gris qui le tapisse est source de sérénité. L’installation sonore guide les yeux instinctivement vers le haut. Là un carré vitré laisse percevoir un ciel qui n’est pas, mais que l’on peut imaginer au gré de ses propres états d’âmes. Les miens étant au beau fixe, ce ciel de guitare parut à mes sens  apaisant et serein, empreint d’une douce mélancolie, chaque accord résonnant d’une profonde légèreté, paradoxe des possibles dans cet univers sonore et matériel épuré.

 

Me voilà à présent dans la salle que j’ai qualifiée plus tôt de laboratoire conceptuel.

Encore une fois dans cet univers à la fois cérébral et sensitif, tout me parle, tout fait écho. Les plans techniques du Temple « Tokonoma » déclinent les différentes vues de l’œuvre précédente sur ce papier millimétré aux lignes orangées que nous avons tous utilisé au collège. Les planches de 60 cm x 45 cm, par la pâleur du fond tramé et le tracé d’encre noire profond et fin, évoquent l’art japonais et ces estampes au ton pastel.

Les maquettes des structures interne et externe du Temple sont exposées au centre.

Les vitrines présentent le parcours d’une gestation où l’art consiste autant en l’objet produit que dans le cheminement de la conception et de la réalisation.

On y retrouve toujours la beauté du dessin technique confronté ici à la sensualité chaude du bois, la blancheur tendre des lames du bâti en construction où l’artiste et l’artisan d’art ne font qu’un.

L’artiste concepteur prime-t-il sur l’artisan ? Un carnet de notes près de ce cliché où la maquette assemblée trône sur le siège du dispositif presque achevé nous interpelle sur la primauté de l’un sur l’autre. Une citation de Tony Smith énonce : « Un objet surplombant celui qui l’observe est un monument et un objet plus petit est un objet » (ARTSTUDIO n°6 / Art minimal).

Place ensuite à d’autres gammes visuelles qui font résonance aux gammes de guitare.

Il y a là des variations sur l’espace sonique, sur les couleurs, sur le synchronisme et l’asynchronisme. Le support lui même décline le thème du cahier de notes, autre espace de réflexion à l’image du Temple. On y voit le carnet aux feuillets blancs, le carnet à croquis au papier tramé, le carnet de photographies, le carnet d’écolier, avec ou sans ressort, ou relié plus élégamment dans une variation de tailles et de textures.

Les encres sont noire et rouge, , les aplats voisinent avec les graphismes à l’inspiration urbaine façon Tag, les aquarelles côtoient les crayonnages et schéma, dont une coupe de cerveau. La matière et l’esprit.

Etrangement, Olivier Dominici sait nous faire oublier sa propre réflexion, avec sa troisième installation spatiale et sonore. Bien sûr on remarque l’idée de gammes et de variations : des chaises avec des roulettes aux pieds de devant nous invitent à la fois à s’assoir et à se déplacer. Gammes de styles, variations de matières, de couleurs, de hauteurs. Disposées en périphérie elles sont tournées vers le centre de l’espace dans la pénombre éclairée à peine de taches d’une faible luminosité qui tombent sur le sol. Un parcours sonore fait de bruits quotidiens, urbains et campagnards, évolue petit à petit vers un arrangement musical, aux rythmes exotiques, et se fait entièrement musique.

Et c’est sans s’en rendre compte que l’on s’est laissé embarquer dans ce voyage, fait de l’œuvre elle-même et des images mentales qui se sont déroulées comme un film intérieur.

A chacun son voyage, mais si vous voulez connaître le votre, vous avez jusqu’au 28 mars 2013 pour aller le découvrir l’espace d’exposition de Corté.

Des visites sont également organisées pour les scolaires de tous âges.

 

Contact : frac@ct-corse.fr

Tel : 04 95 46 22 18

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