Blog'in giru

19 avril 2013

MOBILISATION CONTRE L’URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS

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Un véritable problème de choix de société  

MOBILISATION CONTRE L'URBANISATION DES SITES PROTÉGÉS dans débats testa-ventilegne-300x164

Déclassement de la Testa Ventilegne (Figari)

Emblématique  des sites remarquables en cours de déclassement

LA TESTA VENTILEGNE

au coeur du combat écologique et sociétal pour la Corse 

Nous assistons aujourd’hui à une mobilisation des associations de défense de l’environnement et d’une trentaine d’organisation politiques, syndicales et autres pour alerter contre les projets d’urbanisation de certaines zones sensibles. Ce sont ces mêmes zones qui déjà étaient au cœur des débats lors de l’étude de la proposition de Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse de 2009 (PADDUC) avec les mêmes projets d’urbanisation.

Or préserver les équilibres biologiques dans le respect des sites remarquables de l’île fut une des raisons pour lesquelles la proposition de PADDUC 2009 n’a pas été adoptée, le texte ayant suscité une forte polémique sur le plan environnemental. La situation pour l’heure reste donc gérée par le Schéma d’Aménagement de la Corse de 1992. En effet ce projet de PADDUC ouvrait à l’urbanisation de zones qui jusque là étaient protégées en réduisant les surfaces inscrites à la Carte des protections, « désanctuarisant » une partie du littoral.

Pour mieux comprendre cette problématique il faut connaitre les moyens de protection qui sont disponibles dans l’arsenal des défenseurs de l’environnement, en particulier en ce qui concerne le littoral soumis aux pressions immobilières et spéculatives les plus fortes.

C’est la « Loi Littoral » votée, il est bon de le rappeler, à l’unanimité par le parlement en 1986 qui vise à encadrer l’aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière. Elle a pour objectifs d’assurer le libre accès au rivage, de maintenir les activités économiques liées à la mer, de préserver les espaces naturels remarquables et les 100 m qui bordent le rivage en les rendant inconstructibles en dehors des zones d’agglomération existantes.

Ainsi l’équilibre se fait en conjuguant d’une part une extension de l’urbanisme uniquement en continuité avec les agglomérations et villages, et d’autre part le respect des sites qui ont obtenu une reconnaissance d’intérêt écologique.

La « Loi Littoral » peut s’appuyer entre autres sur deux types de classement :

-         les zones Natura 2000 qui font partie du réseau mis en place par l’Union Européenne avec ses Zones de Protections Spéciales pour la conservation d’oiseaux sauvages (ZPS) et ses Zones Spéciales de Conservation pour certains habitats naturels ou espèces animales et végétales (ZSC).

-         Les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) en particulier de type 1 à grand intérêt biologique ou écologique. Les ZNIEFF sont inscrites à l’Inventaire du Patrimoine Naturel.

Ces deux dispositifs rendent inconstructibles de telles zones. Le classement est donc primordial pour leur protection et la cartographie prend ici une importance capitale.

Le Conservatoire du Littoral (Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres), est un établissement public membre de l’Union Mondiale pour la Nature qui a pour objectif d’acquérir un tiers du littoral français, une partie du domaine public maritime et des zones humides, à des fins de conservation et de protection du patrimoine naturel et culturel du littoral. Il peut se porter acquéreur de certains sites. C’est comme cela qu’une grande partie du site remarquable de la Testa Ventilengne a pu être protégée, seule la partie centrale en est exclue, ayant été achetée en 2001 par la municipalité de Figari.

Malgré le rejet du PADDUC de 2009 considéré comme nuisible à la protection des sites remarquables, certaines zones protégées sont en cours de déclassement.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral interpelle aujourd’hui la population insulaire et au-delà, sur les déclassements en cours. Il met le focus sur des espaces naturels connus de tous pour leur beauté et leur intérêt écologique : il s’agit des lieux emblématiques d’Arone sur les côtes rocheuses de Capo Rosso (commune de Piana), de Monte Scupetu à la Punta di Ventilegne (commune de Figari) et d’une partie côtière de la forêt territoriale de Chjavari (commune de Coti Chjavari). Sur ces trois sites des projets d’urbanisation avaient été dénoncés lors de la présentation du PADDUC en 2009 et le déclassement en cours d’une partie de ces zones protégées (soit en ZNIEFF soit en zones Natura 2000) rend ces projets à nouveau possibles.

Enfin rappelons, et ce n’est pas un point de détail, que c’est l’état qui classe et déclasse par le biais de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, la DREAL. Cette administration prend théoriquement un conseil avisé auprès de l’instance consultative à vocation scientifique créée en 2002 à cet effet, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN).

Sur les trois dossiers mis en lumière aujourd’hui par le Collectif pour l’application de la Loi Littoral, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel a été saisi pour émettre un avis. Pour Arone sur la commune de Piana et pour la Testa Ventilegne sur la commune de Figari cet avis a été défavorable au déclassement des zones considérées. Pour le site de Coti Chjavari, le CSRPN devait recevoir pour étude un projet de modification des zones protégées comprenant un échange entre la zone convoitée pour urbanisation et une zone plus au sud présentant elle aussi un intérêt écologique certain. La décision de déclassement de ce site a été reportée, des études complémentaires ayant été demandées à l’unanimité par le Conseil Scientifique Régional. Par contre la DREAL est passée outre l’avis défavorable du CSRPN pour les deux sites d’Arone et de la Testa Ventilegne puisqu’ils sont d’ors et déjà modifiés sur la cartographie de référence à la protection des zones remarquables.

Le Collectif pour l’application de la Loi Littoral demande le gel de tous ces projets tant que le nouveau PADDUC n’est pas approuvé, l’inconstructibilité de toutes les ZNIEFF de type 1 et le maintien de la cartographie la plus large des espaces remarquables (avant modification).

Aujourd’hui encore les mairies font mine de se baser sur le respect des zones protégées pour élaborer leurs projets d’urbanisme, négligeant de préciser que les zones en question étaient protégées hier encore et viennent de sortir de la Carte des protections sans tenir compte des avis du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel.

 

Un rassemblement avec merendella aura lieu sur le site de la Testa Ventilegne le dimanche 21 avril, rendez-vous est donné à partir de 10h à l’embranchement de la route de Figari avec la RN 196.

 

Nous avons essayé de comprendre le contexte technique qui entoure ces dossiers pour vous en livrer une rapide synthèse. Blog’in Giru vous invite à vous pencher sur cette problématique qui engage l’avenir de ces zones de manière irrémédiable. Participer à ce débat citoyen est de notre droit et même de notre devoir à tous, et le principe de précaution pourrait ici être de bon aloi.

Restons vigilants pour protéger ce qui peut encore l’être.

19 décembre 2012

CAFÉ DES SCIENCES

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 AUTOUR D’UNE PROBLÉMATIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIETALE

LA CORSE, UNE ÎLE BIO ?

Un débat citoyen 

Enfin les universitaires et chercheurs décident de faire participer les citoyens que nous sommes aux grands débats qu’ils ont l’habitude d’éclairer de leurs lumières inaccessibles. Le Café des Sciences va nous impliquer d’avantage dans les décisions de demain en nous permettant de poser nos propres questions aux experts. Ainsi, la Fédération de Recherche Environnement et Société (regroupant les laboratoires CNRS de SPE et de LISA et les laboratoires INRA de Corte LRDE et de San Giuliano GEQA), l’Université de Corse Pasquale Paoli et la Meridiana (CCSTI de Corse) nous proposent leur collaboration pour une démarche innovante, le débat citoyen autour de thématiques scientifiques et sociétales à la fois.

Le débat organisé au café L’Oriente à Corte Lundi 17 décembre 2012s’est fait dans la pluridisciplinarité. Il s’agissait de s’intéresser à la fois à la qualité et la certif ication des produits issus de l’Agriculture Biologique en replaçant les enjeux et les obstacles dans le contexte de la Corse.

Pour éclairer nos modestes esprits les invités étaient de marque. Stéphane Bellon est spécialiste des productions biologiques et membre de l’INRA et de différentes instances nationales et européennes de l’Agriculture Biologique. Gilles Tison, a apporté son expertise quant à l’expérimentation en arboriculture en Corse. Thérèse Albertini nous a intéressés au marché Corse des produits bio.

Pour un élargissement des vues, étaient également invités les représentants des syndicats d’agriculteurs de Corse, un membre du SIVAM BIO de Corse et un membre de l’association UFC-Que choisir.

Questions à Stéphane Bellon :

1/ L’Agriculture Bio  est-elle ou pourrait-elle être un prototype de l’agriculture?

On ne peut pas parler d’une seule Agriculture Biologique car sa diversité va du minimum défini par le cahier des charge jusqu’à des options impliquant un changement en profondeur du système entier de production. Le modèle actuel, assez évolué, n’est pas définitif. Même son cadre d’exercice évolue par exemple au niveau européen. La notion de prototype n’est donc pas pertinente.

2/ L’Agriculture Biologique peut-elle nourrir le monde ?

S’intéresse-t-on aux quantités, à la répartition des biens produits, au mode de distribution ou aux capacités respectives d’achat de chaque pays ? Aux rendements ou aux problèmes qui résultent des pratiques agricoles en termes de protection de l’environnement ou de l’appauvrissement des terres arables ? Une méta-analyse réalisée en 2007 sur trente ans d’études concernant l’Agriculture Biologique met en évidence des problèmes en termes de consommation d’énergie puisqu’elle implique plus de labour qui est une pratique est couteuse en énergie. Quant au rendement, pour les productions telles que le raisin, l’optimum de mise en valeur d’un terrain n’est pas forcément au maximum de production qui se ferait au détriment de la qualité du produit.

3/ Existe-t-il des territoires passés entièrement à l’Agriculture Biologique ?

Dans la Drome (premier département pour les surfaces consacrées au Bio) on a mis en place une « biovallée » avec une communauté de commune volontaire : actuellement 20% des surfaces y sont consacrées au Bio avec une perspective à 50% en 2030.

La commune de Correns, elle, est la première commune Bio de France avec sa coopérative agricole bio, sa cantine Bio.

Les zones Bio peuvent devenir un système d’autant plus cohérent qu’elles risquent bientôt de s’imposer au dessus des zones de captage de l’eau pour éviter le coût de l’assainissement des eaux de boisson.

Questions à Gilles Tison :

1/ Les connaissances scientifiques et techniques permettent-elles de conduire les exploitations corses en Agriculture Biologique ?

En ce qui concerne l’arboriculture par exemple, on cherche à remplacer les engrais chimiques qui sont responsables de la dégradation des sols et de leur érosion. Le compost ou les engrais organiques capables de porter la même dose d’engrais ont un rendement équivalent. Par contre la question de l’enherbement au pied des arbres non traités aux herbicides doit être traitée de façon mécanique ce qui entraine là aussi des problèmes d’érosion du sol soumis aux forces mécaniques. Mais aujourd’hui les fournisseurs de matériels cherchent à s’adapter à ce nouveau marché et proposent ce qu’ils appellent un système Sandwich avec pousse d’herbe sous les arbres et une bande « propre » entre les rangs dégagée par des éléments mécaniques à même d’incorporer les engrais Bio. Les chercheurs s’attèlent à sélectionner les plantes les plus adaptées pour qu’elles puissent coloniser sans être envahissantes.

2/ Quels sont les obstacles principaux qui empêcheraient une conversion massive des agriculteurs ?

Il y a par exemple la question des insectes nuisibles. On peut utiliser des insecticides naturels mais cela reste un traitement insecticide. On peut rechercher des méthodes alternatives comme le piégeage massif des insectes qui élimine tout traitement par insecticide comme pour la pêche. Enfin on peut se tourner vers la lutte biologique avec l’acclimatation de l’ennemi spécifique du nuisible que l’on veut éliminer. Ce choix est délicat car il faut anticiper les conséquences d’utilisation d’une espèce avec les risques de déséquilibre des écosystèmes concernés. Mais ce type d’action peut provoquer l’apparition d’autres nuisibles qui étaient tenus à distance par les traitements et qui ne seront pas éliminés par la méthode alternative adoptée.

Enfin les obstacles peuvent être également organisationnels, la disponibilité des outils utilisés pouvant être un facteur limitant.

Questions à Thérèse Albertini :

Où en sont les consommateurs corses vis-à-vis du Bio ? L’image des produits locaux avec les jardins familiaux, la faible industrialisation et les circuits courts de vente directe ne détournent-ils pas les consommateurs corses des produits certifiés ?

La part des produits de l’Agriculture Biologique augmente régulièrement depuis sept ans avec de nouveaux consommateurs. Mais sur la Corse il y a un manque de données analysables. De plus l’offre y est inférieure à la demande. La facilité d’écoulement des produits n’incite pas à la mise en place d’études spécifiques pour connaître le consommateur potentiel.

Seules deux études sont disponibles. Celle de 2002 s’est intéressée au consommateur insulaire Bio. Elle a montré que le facteur limitant était principalement le prix, puis que la sensibilité au Bio n’était pas une priorité. La raison d’achat est d’abord la santé et non la préservation de l’environnement qui ne vient qu’en quatrième position. La seconde évoquée est le goût. Enfin l’idée que les productions du jardin sont des produits Bio et l’attachement aux produits régionaux font le reste.

En 2009, les professionnels ont été interrogés sur la consommation alimentaire infantile des enfants de quatre à trente-six mois. Cette étude a montré que l’enfant peut avoir un rôle de moteur dans la consommation des produits Biologiques et dans leur installation au sein de la famille.

D’autres études seraient nécessaires pour mieux mettre en place des stratégies marketing à l’attention des consommateurs corses ainsi que des campagnes de sensibilisations à l’alimentation Bio.

 

Le SIVAM BIO de Corse apporte des données supplémentaires : l’Agriculture Bio concerne environs 300 producteurs, 12 000 hectares et 6% des surfaces Agricoles. Les problématiques sont très différentes selon les filières. Par exemple, le traitement de la mouche de l’olive est un obstacle majeur à la conversion de la filière oléicole. Alors que l’AOC Farine de châtaigne est Bio. La filière des plantes aromatique est Bio dans sa totalité.

L’intervention d’un agriculteur recadre le débat sur des données très pratiques : les laiteries ne peuvent prétendre au label AB puisqu’elles déversent pour la plupart le sérum, très polluant dans les cours d’eau environnants. L’utilisation obligatoire d’hormones pour l’insémination artificielle en schéma de sélection des ovins de race corse invalide la candidature des exploitations concernées. De plus on ne peut pas mettre une pression supplémentaire sur l’ensemble des agriculteurs insulaires, leur nombre étant voué à se réduire puisqu’il n’y a que 4 installations pour 120 départs. Pour ce faire il faudrait des aides très incitatives en modulant par exemple la Dotation aux jeunes agriculteurs (DJA) selon les critères du cahier des charges Bio. L’enveloppe vouée aux conversions en Bio devrait également être augmentée.

Comme on peut le constater, les perspectives sont très différentes selon les points de vue, et ce sont les consommateurs que nous sommes qui feront pencher la balance par la modification significative ou non de notre mode de consommation : Serons nous demain des mangeurs Bio ou resterons nous des consommateurs intermittents ?

En posant ainsi le débat nous redevenons les acteurs principaux dans le monde que nous habitons.

Les questions évoquées à l’occasion de ce Café des Sciences risquent de continuer à nous interpeler sur le rôle majeur que nous jouons pour l’avenir de nos sociétés.

Contacts :

CCSTI de Corse, A Meridiana, tel : 04 95 46 00 83 www.ccsti-corses.asso.fr

FRES, università di Corsica, tel : 04 95 45 01 66 www.fres.univ-corse.fr

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