Blog'in giru

21 mars 2013

Spaziu Natale Luciani

Publié par blog'in giru dans danse contemporaine, Hip Hop, théâtre

Expérimentation dans l’art du spectacle vivant

Spaziu Natale Luciani dans danse contemporaine artmouv-3-300x197

De la Cie Art Mouv’ et du collectif Jeu de Jambes

AU FAIT QU’EST-CE QU’IL A

VOULU DIRE L’AUTEUR ?

Transgenre

Doit-on poser une étiquette sur chaque spectacle, codifier, classer, cataloguer ?

Théâtre ? Danse ? L’écriture journalistique bien souvent l’impose… Mais ici tout s’y oppose !! Et rien que de le dire nous voici immédiatement dans le cœur du spectacle que propose la Compagnie Art Mouv’. Ou bien devrais-je dire le collectif Art Mouv’/Zone Libre intégrant l’art sonore… ou même le collectif Art Mouv’/Zone libre /Jeu de jambes intégrant des danseurs de Hip Hop. Et cette digression est elle aussi évocatrice. Oui, il s’agit bien ici de métissage, d’hybridation, de transgénèse expérimentale. Pour moi, spectateur complètement néophyte qui plonge dans l’inconnu et découvre pour la première fois ces artistes, cela transparait immédiatement.

Dès l’installation, toute distance semble abolie et le spectacle qui débute efface les limites de la scène du Spaziu Natale Luciani. Art de rue. Performance.

D’ailleurs les deux hommes et la femme qui se présentent dans l’espace portent tous trois costume de ville. Vêtements qui joueront leur rôle dans la grande expérimentation des hybridations et des métissages.

Ce processus ne peut exister que dans les contrastes et les cultures confrontées.

Les bases en sont posées par les premières oppositions qui se dévoilent : deux hommes/une femme, deux blancs/un black, le silence/le son, un tempo comme un cœur qui bat, simple et sans phrasé autre que ce rythme vital/un violoncelle qui vient le remplacer tendre et profond comme une parole bienfaisante. L’immobilité/le mouvement…

Chacun des trois personnages compose une partition gestuelle totalement différente, elle, avec des mouvements de bras amples très « danse contemporaine », l’autre des claquettes étrangement rapides sur ce chant de violoncelle lent et grave, le troisième effectue des figures de Hip Hop. Un quatrième ajoute du théâtre à ce trio de danse.

Tout au long du spectacle ces univers vont s’opposer, se mélanger, se tordre, et, non pas se fondre mais créer un nouvel univers, avec ses caractéristiques propres qui engendre sa propre poésie. Des glissements s’opèrent, des décloisonnements s’effectuent.

Du coté sonore, la lenteur et la vélocité se combinent pour créer un rythme asynchrone et envoutant. Les mots et la musique. Le silence et le son. Le monde de l’enfant et celui de l’adulte. Le trivial et la poésie. Le sérieux et le rire. L’ironie et l’harmonie. Les mots dits, les inaudibles, les mots écrits. Les langues, les cultures. Les genres.

De la scénographie minimaliste se dégage la richesse d’une inventivité débridée où le seul choix des chaises qui constituent l’unique décor permet à la fois des jeux de lumière et des détournements d’objets. Car ces chaises de plastique transparent à facettes dansent avec les danseurs en des pirouettes qui les font femmes vêtues de strass scintillants, deviennent les rues où l’on court, les transats où l’on se prélasse, les lits où l’on dort, les limites de la cour d’une école, les rochers où l’on saute, des brouettes, des caractères d’imprimerie… Le vide, le plein.… Poésie…

De même les vêtements simples se métamorphosent, se retournent, sont les nappes d’un repas sur l’herbe, la cape d’un toréador, un bandana sur la tête, des partenaires de danse… Ils en dévoilent d’autres tout aussi simples mais porteurs d’autres résonances.

Les corps sont les véritables instruments de ce ballet sonore. Bien que les mots et les chants semblent les vecteurs du fil conducteur, avec les comptines enfantines, les souvenirs d’enfances, la prose poétique de Prévert, et autres proverbes et dictons, le corps seul se suffit à lui-même et l’on pourrait imaginer cette chorégraphie comme un mime, un film muet qui parle de façon organique, comme si le chorégraphe s’était affranchi du monde sonore pour ne se laisser guider que par la théâtralité des corps. Des oiseaux s’envolent au bout des mains, des cygnes glissent au fil de l’eau. Poésie.

L’hybridation des genres chorégraphiques est au cœur de ce processus, danse contemporaine, Hip Hop, quelques pas de claquettes, esquisse d’un tango, phrases chorégraphiques, claquements de mains, claquements de pieds. Une battle entre deux,  comme un dialogue impossible, laisse place à l’écoute du corps et à l’apprentissage de l’autre, pour établir finalement un langage partagé, une connivence dans la danse qui laisse place aux individualités en une chorégraphie commune et des solos échangés, comme des mots dansés. Les équilibres et les déséquilibres, des portés, des glissés, des roulés, des déroulés, des tête à tête à trois, des pas de deux, des patineurs, des couples enlacés, des gifles, des réveils, des départs, des arts martiaux, des nunchaku, des lanceurs de drapeau, asynchrones à la musique et au son. Inventaire à la Prévert.

La lumière enfin, pourtant faible, organise discrètement l’espace, les lieux de vie, les distances, invente la bruine, sculpte cette brume, et fait d’une femme une fleur qui vit sous la rosée. Lorsque le portemanteau/SDF/roi/derviche tourneur l’englobe et l’absorbe, c’est sa disparition qui clôt cet espace poétique.

Pas de lourdeur dans cet inventaire. L’étrange, poétique et doux.

 

Création danse contemporaine hip hop
Compagnie : Collectif Art Mouv/Zone Libre
Production associée : Moov’n Aktion
Direction Artistique : Hélène Taddeï Lawson
Création et interprétation : Alex Benth, Jean-Claude Guilbert, Charly Moandal, Hélène Taddeï Lawson et d’autres membres du Collectif jeu de jambes
Création sonore : Tommy Lawson
Création vidéo : Stéphane Broc
Lumière : Erick Plaza Cochet

 

Contacts:
www.artmouv.com
ccu@univ-corse.fr Tel : 04 95 45 00 78

 

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