Blog'in giru

24 juin 2013

SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES EN POÉSIE

Publié par blog'in giru dans littérature, Poésie

 Entre mélancolie et simplicité du bonheur

SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES                                EN POÉSIE  dans littérature u-minimu-gestu-296x300

 Un livre où l’émotion mêle mots et pigments

U MINIMU GESTU

LE MOINDRE GESTE

 Stefanu Cesari è Badia

Se souvenir des belles choses…

Ce sont les mots qui se sont imposés à moi à la lecture de ce recueil de Stefanu Cesari.

Mais rien de très explicite dans ce sentiment extrêmement personnel qui m’emporte dans les contrées familières et lointaines à la fois, cet objet, le livre, son papier crème, et les mots qui forment des phrases ? des textes ? une histoire ? et les peintures aux couleurs vives qui bousculent par leur tristesse et leur désespoir, comme un cri muet.

Eppuru, ùn ci aghju vistu tristessa. Paradossu di a puesia, chì ci face dì tuttu è u cuntrariu, chì ci porta gioia è malancunia, è chì ci lascia sbrembati, stunati, suspesi à u mumentu pueticu… senza capì.

Ssu caminu pueticu, l’aghju fattu nant’à parechji piani.

Cio chì si porta à i mo sensi sò e parolle di lume è di culore chì accumpagnanu l’estri, i visi, i corpi, e mane, i sguardi, carne, sangue, frebbe. E voce.

Et puis bien sûr, dessinant à la fois les espaces et le rythme du temps, ce sont toutes ces parcelles de vie, pezzi, pezzucci di vita chì fila, da u tavulinu à l’arburu, à a pagina, de la fourmi rouge au crépitement du feu, sse stonde di vita cuttidiana, paisaghji o minimu rimore, l’acqua, a terra, les pierres et la chaux, les ronces. Espace blanc de la langue, espace froid de la grammaire.

Les gestes et les sentiments, esquissés, accompagnent les lignes de temps, ligne de partage franchie, mesure d’un pas, mesure du jour…

I gesti sò simplici ma cuntenenu tuttu, cumè l’insemi matematichi limitati detti « discretti » chì cuntenenu l’infinitu, cumè trà zeru è unu.

Il y a des lenteurs et il y a des élans, des fatigues et du rêve, de l’existence, de l’attente, de la patience.

A puesia micca solu linguaghju di i gesti è di u muvimentu ma a puesia, un lingughju chì si sbucina, cù u so propiu muvimentu. A lingua intreccia e parolle, si cansa in altri canti chè quelli detti cumè un sguillu daretu a ligna tesa.

Ce glissement s’opère dans une sorte de détournement de la langue ordinaire, una tensione chì scumove, una resistenza semantica, glissement vers des images nouvelles, ma forse ognunu hà e soie stesse.

En français les sonorités, la syntaxe créent des rythmes étranges, les enjambements portent à l’inconfort, créant des accentuations qui répondent à celle de la langue corse en vis-à-vis.

E voce venenu à ficcassi trà e ligne, filari di vita, soffiu d’ùn si sà quale, chì s’invita, disjonction poétique qui ébranle la compréhension et qui renvoie aux seuls sens et non au sens.

U mumentu è l’eternu.

Le continu et le discontinu.

A prisenza è l’assenza.

U francese è u corsu.

E voce è u silenziu.

Le vague et le détail.

Le pérenne et l’éphémère.

L’organicu è u minerale.

I culori è u grisgiu.

L’ombre et la lumière.

Les fantômes et les vivants qui tous nous visitent.

L’enfance et la mort.

A tensione è a pace.

La légèreté des instants, la pesanteur parfois.

U passatu è u prisente.

La chose dite et le non dit.

A sustenza è u viotu.

Le réel et le rêvé.

L’astrattu è u cuncrettu.

A lingua di u cuncrettu essendu piuttostu u corsu, le français de Stefanu Cesari, dans les déséquilibres  créés laisse plus de place au mystère. Les autres éléments évoqués, les deux textes ne se superposant pas exactement, se ressentent différemment dans l’une ou l’autre langue. Cumè a pace (o a tensione), à quale ne sinterà di più in corsu, à quale in francese, ognunu a so lettura.

L’apposition des deux langues donnent des éclairages différents selon l’ordre ou le mode de lecture, lire la page entière dans l’une ou l’autre langue, vugà da l’un’à l’altra, secondu u so parè, o leghje dui libri, o unu solu. Listessu cù ssi visi di culori vivi, o scuri, chì si ponu lascià, o chjappà, o, in una scelta cuscenta o nò, tene quelli chì ci parlanu di più.

Aghju pensatu à l’Alzheimer, chì pocu à pocu ci sguassa u ricordu di u minimu gestu, perchè ùn a sò, è ssu libru cumè una prova di ritene u minimu fiatu di vita, nanzu a morte o nanzu di parte o d’esse lasciatu, être dans le sentir du moment présent, ou dans le ressentir des instants passés, ci fendu un avvene.

Oui, se souvenir des belles choses, les plus infimes, arricurdassi u minimu gestu.

Puesia.

29 avril 2013

LOCU TEATRALE AIACCIU

Publié par blog'in giru dans concerts, Poésie

Ouverture du printemps des poètes 

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 Terre du chant de l’âme

LATINIDAD

 Explorée par Patrizia Poli et Paul-Félix Raffini

 Avec Latinidad, le duo Patrizia Poli et Paul-Felix Raffini a ensoleillé la petite salle intimiste du Locu Teatrale.

La chanteuse a conçu ce récital comme un hommage à ces voix, ces artistes, ces poètes, ces compositeurs qui ont marqué son chemin vers la latinité, et à des chansons qui ont correspondu chacune à un moment de sa vie.

Elle a d’abord voulu mettre en lumière la merveilleuse interprète Mercedes Sosa en commençant ce tour de chant avec Vuelvo al sur mis en musique par Astor Piazzola.

C’est aussi un hommage à Nilda Fernandez dont elle propose deux titres que l’auteur compositeur a lui-même interprété sur scène avec elle. Le compositeur est également à l’honneur avec la mise en musique de textes de Jose Luis Borges et de Garcia Lorca.

Il y a de l’audace également dans le choix de certains morceaux comme avec « Fragilidad », version espagnole d’une chanson de Sting et une composition de Leonard Cohen pour un texte de Lorca.

Latinidad c’est aussi la fréquentation des films de Pedro Almodovar, comme Matador, Parle avec elle, Talons aiguilles… C’est l’évocation d’une voix immense, celle de Cesaria Evora dont la chanteuse et le guitariste interprètent deux titres Angola et Ausencia… Autre hommage cinématographique, à Emir Kusturica et à son film Underground.

 

Patrizia dans une robe longue et fuselée de lamé mordoré, est accompagnée, et ce choix est judicieux à double titre, par Paul-Félix Raffini à la guitare non pas acoustique mais électrique. Dès les premières notes, le guitariste sort du classicisme attendu et pose une couleur moderne pour dérouler ses arpèges et ses accords mineurs. Avec doigté et discrétion, sa technique se joue en harmonie avec les textes pour ne laisser percevoir que l’émotion.

De sa voix douce et grave, puissante et retenue, Patrizia dévoile la rondeur de cette langue dans laquelle les mots angustia, ou ojos viejos, ne semblent pas avoir le poids du Français ou même du Corse malgré les similitudes de lexique et de musicalité. Le guitariste, de son seul instrument, nous guide sur le chemin de la chaleur et de la gravité légère propre à l’expression des poètes hispanophones.

La scène est dénudée, la gestuelle est sobre et l’atmosphère est imprégnée de la poésie des textes.

La chanteuse place sa belle silhouette, par instant un brin de théâtralité s’installe, au détour d’une pose où elle s’enlace de ses bras, mais la langue et la voix prime toujours, parfois presque parlée, puis à nouveau puissante et profonde. Elle s’éloigne du micro pour la rendre lointaine et laisser la guitare conclure. Elle s’avance dans la travée centrale et chante pour le public conquis. Pourtant elle ne surjoue pas, elle n’a pas endossé un rôle mais se livre avec sincérité.

Paul-Félix Raffini accompagne ce voyage en arpèges, en accords rock ou jazz, slide avec le bottle neck, ce cylindre de métal qui glisse sur les cordes pour donner un son typiquement blues, fait tournoyer les valses, sans pour autant briser l’unité musicale de ce récital. La musicalité de son jeu, tout comme les mots, contribue à la poésie.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un hommage à la poésie, aux mots, à la langue, aux sonorités chaudes, un hommage à la beauté des choses, à l’amour des êtres, à la vie.

Et quels auteurs ! Jose Luis Borges, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Violeta Parra, Celia Cruz…

Gracias a la vida, même dans la quête sans espoir, dans le doute ou l’absence, même dans la mort.

El canto de todos es mi propio canto… Universalité des sentiments.

Magie de la poésie mise en musique.

 

C’était une avant première pour le duo Patrizia Poli – Paul-Félix Raffini qui se produira cet été en Corse. En voici quelques dates : à Sisco le 11 juillet, à Bastia le 28 juillet et à San Gavino di Carbini le 2 août.

 

Latinidad, un continent musical et poétique à traverser avec volupté.

 

Contact :

http://www.locu-teatrale.com/

https://www.facebook.com/locu.teatrale

tel : 04 95 10 72 03

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