Blog'in giru

25 janvier 2013

THEÂTRE DE BASTIA

Publié par blog'in giru dans danse contemporaine

Quand le beau sublime la pensée

THEÂTRE DE BASTIA dans danse contemporaine puzzle1

IMBRICATIONS

 PUZ/ZLE

Le 26 janvier 2013, à 20h30

Compagnie Eastman

Chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaou

Le titre est en morceaux, fracturé dans son milieu et rabouté pour redonner du sens. Il serait à lui seul le résumé parfait de cette œuvre s’il n’y manquait pas un « s ».

Ce n’est pas un puzzle mais plusieurs que met en scène Sidi Larbi Cherkaoui.

Ce chorégraphe belgo-marocain de 36 ans, issu lui même de la recombinaison biologique et culturelle d’un père marocain et d’une mère flamande, reprend l’idée des « Boîtes de Sutra » qu’il avait explorée en 2008 avec les moines Shaolin.

Ce sont donc plusieurs puzzles d’origines différentes qui s’entremêlent pour tenter de trouver une cohérence.

Puzzle de pierre

C’est le premier qui s’impose, par la graphie inscrite dans le décor fait de blocs mouvants dont la minéralité froide se heurte, s’entrechoque, dans le travail sans relâche des bâtisseurs qui construisent et déconstruisent le temple de l’humanité. Ils sont à l’image de ce que l’on découvre dans les strates archéologiques en creusant la terre, et qui révèle les habitats successifs, les temples construits sur les vestiges d’autres temples voués à d’autres dieux. Ces blocs, ces cailloux sont aussi ceux qui érigent les murs qui se dressent aujourd’hui comme ceux qui sont tombés dans un passé encore récent. Ce sont les mausolées qu’on détruit au Mali.  Ils sont les cailloux que l’on jette, ceux de l’Intifada, ceux des lapidations, ceux des rébellions aussi. Mais ce sont aussi les pierres que l’on frappe pour en faire résonner la musique

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Puzzle de cultures

Il est fait de l’association de l’ensemble vocal corse A Filetta, de la chanteuse libanaise Fadia Tomb El-Hage, du flûtiste percussionniste et chanteur japonais Kazunari Abe, ancien soliste du groupe Kodo, et d’une troupe de onze danseurs de la Compagnie Eastman que Cherkaoui a fondée en 2010 sur la base de son propre métissage et des enseignements de l’école d’Alain Platel et Anne Teresa de Keersmaeker.

Puzzle de chants

L’ensemble corse fait résonner, au masculin pluriel, sa polyphonie emplissant l’espace d’un son qui s’enfle doucement, avec la voix de la chanteuse libanaise qui les amplifie, et leur fait écho au féminin singulier. La grammaire de cette espace sonore s’enrichit  d’un autre singulie,r Kazunari Abe, qui tétanise par la voix, scande de ses percussions ou ensorcelle par sa flûte.

Puzzle de musiques

Elles sont religieuses ou séculaires, chrétiennes ou islamiques.

Puzzle des genres

Il est fait de danse contemporaine, de théâtre, d’arts traditionnels, d’arts visuels, jalonné de bribes de récits qui disent les thèmes chers à Sidi Larbi Cherkaoui, la différence, l’amour, la tolérance.

Puzzle de corps

Ces corps qui tentent de trouver chacun sa place dans le grand ensemble, parfois solo, ou en duo, en groupe; chaine humaine qui devient colonne vertébrale d’un corps unique qui se disloque. Les corps cherchent à dépasser leurs limites dans ces combinaisons qui se font et se défont, tour à tour tendus quand ils sont accrochés aux parois, mous lorsqu’ils se laissent glisser les uns sur les autres en un mouvement presque liquide, ou minéraux dans une raideur de statues fantômes  repeuplant un musée.

Quelles sont les relations entre les différentes parties d’un tout ?

Préoccupation fondamentale du chorégraphe, il la décline à tous les niveaux, du biologique au social, association à l’image des corps simples au sein des molécules du vivant, qui lient le minéral à l’organique, , association des molécules de la vie, symbolisée par la chaine d’ADN qui se dédouble et les corps qui se clonent, association des cellules elles mêmes, qui forment les organes et les corps, association au sein de la cellule familiale, relations au sein du corps social qu’est la cité.

Et la roue qui tourne, toujours et toujours, inexorablement, mais qui accompagne les adaptations et les changements qui enrichissent un monde où ce que l’on croit établit connaîtra demain la réversibilité des choses.

Le spectacle intègre les chanteurs à la troupe sur scène, et les danseurs sont une tribu qui exécute une forme de rituel : ordonner le chaos. Mais comme dans une colonne de fourmis organisées qui rencontrent un obstacle, l’ordre se disloque.

Et dans ces imbrications et croisements qui s’opèrent, c’est la recherche d’un nouvel ordre qui compte plus que l’ordre lui-même.

Dans ce chaos mouvant qu’est la vie, un seul reste, survivant minéral, cendres ou poussière, danseur au corps poudré d’un blanc gris de pierre, il est l’espoir de la renaissance à venir.

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L’émotion pure

Ce chorégraphe habité par la préoccupation de l’humain trace une histoire foisonnante de la vie sublimée par le beau. Son puzzle intellectuel est aussi très charnel et par-dessus tout, émotionnel. Il sidère par l’image, le mouvement et le son. L’ombre elle-même a du sens. Les ombres habitent la scène autant que les êtres incarnés.

Ce spectacle, qui a été créé au Festival d’Avignon 2012 dans la magnifique carrière Boulbon, a été diffusé sur Arte en Juillet 2012. Si vous n’avez pas eu la chance d’y assister alors, ou, comme moi,  de voir sa retransmission télévisée, allez au Théâtre de Bastia vivre les émotions grandioses d’un spectacle vivant, du spectacle de la Vie.

 

Renseignements :
Théâtre Municipal
Rue Favalelli
Bastia
Tél. :     04 95 34 98 00

17 janvier 2013

POP ROCK AU TEMPLE CAFE-CONCERT… (ET AU DUSTY ROSE SALOON)

Publié par blog'in giru dans concerts

Le Rock anglais qui aime la Corse et les Corses

POP ROCK AU TEMPLE CAFE-CONCERT...  (ET AU DUSTY ROSE SALOON) dans concerts clockworks_2013-163-300x199

The Clockworks en concert au Temple

DEUX AVANT PREMIERES CORSES POUR

THE CLOCKWORKS

Avec les titres de leur prochain album

Comment ne pas partager une nouvelle fois le plaisir des belles rencontres et des belles découvertes, (si rafraichissantes !) qui peuvent se faire grâce à cette nouvelle scène ajaccienne du Temple Café-Concert et à leur partenaire de Haute-Corse, le Dusty Rose Saloon.

Si les deux salles se sont entendues pour recevoir les mêmes groupes, c’est au Temple que j’ai fait la connaissance d’un trio venu de Brighton dans l’Est de cette Angleterre berceau du Pop Rock. Et c’est sur cette scène Live de Brighton, qui ne manque pas de talents en herbe, que Josh Renton avec sa guitare et sa voix Rock et tendre à la fois, Luke Joyce à la basse et Matt Coello aux percussions et aux chœurs (charmant lorsqu’il scande les rythmes sur la grosse boîte péruvienne appelée Cajón où il s’assied), ont réuni leurs talents individuels. Ils ont su composer et écrire des mélodies Pop Rock avec une pointe d’accent Country cher à Josh qui, bien qu’à peine perceptibles, rajoute au charme de leur son Pop Rock un je ne sais quoi d’assez craquant.

Ce groupe qui a déjà, malgré la jeunesse de ses membres, trois albums à son actif, et de nombreuses scènes en Angleterre en passant par un petit tour par Paris, ce groupe disais-je, a un attachement particulier pour la Corse où il a effectué en 2012 un « Summer Tour » qui lui a acquis un bon nombre de fans. Ce lien s’est tissé au cours de visites auprès d’un membre de la famille de Luke qui réside en Corse, et il s’est enrichi de la rencontre avec l’équipe du Temple Café-Concert. Cette salle leur a permis de se produire à Ajaccio et de venir à la rencontre d’un public, qui depuis lors, leur est acquis.

Le trio n’a donc pas été avare et c’est avec chaleur que, non content de mettre le feu avec ses propres titres, dont 7 inédits, il a su aussi livrer au fil de la soirée une interprétation pleine de rythme de titres variés allant de Justin Timberlake ou Rihanna en passant par Maroon 5  et Amy MacDonnald avec une belle visite du titre d’Adèle « Rolling in the deep ». Le tout avec un son qui garde un cachet qui leur est propre. Les 21 titres de leur composition comprenaient donc sept inédits qui font partie de leur projet en gestation.

En effet, le groupe proposait une souscription pour produire leur prochain album avec « My Major Company ». La somme à réunir était de 5000 euros, c’était chose quasiment faite après leur passage au Temple Café-Concert, la soirée au Dusty Rose Saloon ayant permis de boucler pour quelques centaines d’euros et d’apporter le plus qui devrait permettre de réaliser également un clip de « Gone By Morning ». Décidément la complicité avec le public corse vient renforcer cet attachement palpable à l’équipe du Temple qui a su les accueillir en terre étrangère « comme une famille », je cite, et qui leur facilite la tache en mettant tout le matériel à leur disposition sans qu’il soit besoin de se soucier le moins du monde de la logistique.

Nous aurons donc bientôt la chance de trouver leurs nouveaux titres dans les bacs !

 

Et un « Le Borgne » qui peut en cacher un autre…*

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Si plus haut je parlais « des » belles rencontres et « des » belles découvertes, c’est parce que le même soir la première partie m’a fait une belle impression aussi !!!

Le Borgne, de son prénom Yann, flanqué de son acolyte Axel Karol, le premier à la guitare et au chant, le second à l’accompagnement, faisait une première partie de choix avec son Pop Folk teinté de Rock qui seyait très bien à la mise en train de cette soirée Pop Rock.

Sa guitare sèche faisait merveille, ses textes en anglais coulaient comme un prélude et son humour enjôlait déjà les spectateurs.

Il faut dire que Yann a imaginé un concept original appelé « Yogurth Project Experience » qui nécessite la complicité du public : il faut proposer à l’auteur compositeur sur scène une phrase en Yaourt, celui-ci s’en empare, la met en musique et doit initier la composition d’une chanson véritable à partir de cette ébauche. Ainsi, certains titres de notre blond-roux à petit bouc malicieux sont directement issus de ce processus si particulier. Une excellente idée contre les pannes d’inspiration qui ne pouvait émaner que de ce personnage pluriactif nommé Le Borgne !!!

Ce garçon, en effet, est aussi auteur (« Pas bêtes » aux Editions Albiana), illustrateur (de M. Castelli et J.B. Ristori toujours aux Editions Albiana) mais également comédien et animateur de l’association de spectacle vivant KSA. Il se produit à la salle Giordano Bruno du Bistrot du Cours à Ajaccio où l’on peut voir les spectacles proposés par sa compagnie et entre autre les ceux pour le jeune public  qui ont eu un franc succès aussi bien en Corse que lors de leur passage à Paris. D’autres projets sont en cours de réalisation avec des rendez-vous comme celui qui le conduira au musée de l’Alta Rocca  à partir du 15 Mars en tant que plasticien cette fois-ci.

Un bonhomme à suivre…

Et bonne continuation à cette scène ajaccienne du Temple Café-Concert qui s’installe de plus en plus dans le paysage et à leur nouveau partenariat avec le Dusty Rose Saloon de Borgo !!!

 

Contact : Le Temple Café Concert : Rue de la Grande Armée, 20 000 Ajaccio
Téléphone :             04 95 10 19 39       du lundi au samedi de 7h à 2h du matin.

 http://www.facebook.com/temple.cafeconcert

Dusty Rose Saloon, RN 193 (avant Magic Stock) Borgo

Tel : 06 27 47 72 95

http://www.mymajorcompany.com/projects/clockworksband

http://www.leborgne.bandcamp.com

 

23 décembre 2012

DUSTY ROSE SALOON

Publié par blog'in giru dans concerts

HAPPY BIRTHDAY

AVEC THE BAND

ET SON ROCK BIEN ROULE 

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Chaleur du bois, bottes de paille et cloches qui tintent. Une grange immense façon fin fond du Tennessee. Une scène au centre de cet espace, flanquée de deux Harley Davidson, la musique Live mise en lumière, au contact du public, charnelle, rocailleuse parfois, incitation à la mouvance des corps.

Dans ce saloon de road movie des hommes et des femmes voyagent sans billet, et se mêlent dans une intimité portée par les rythmes Country, Blues et Rock. Mais se connaissent-ils tous comme pourrait le donner à penser cette chaleur amicale qui les anime, ce lâcher-prise qui les dévoile ? Pas vraiment… Si certains fréquentent le lieu pour y pratiquer un vendredi par quinzaine la Country Dance, beaucoup y sont arrivés mus par la curiosité. Un bouche-à-oreille qui fonctionne à plein et qui vente tout à la fois le dépaysement, la musique qui fédère et la convivialité d’une bande de copains qui vous accueille et vous accepte.

C’était la fête ce soir au Dusty Rose Saloon, dans ce lieu un peu à part, premier anniversaire oblige !

Ce fut une heureuse surprise que de découvrir un tel endroit, où la musique Live est au centre, occupe l’espace physique et sonore. Le groupe, « The Band », n’y est pas un vague faire-valoir, il est au contact, il déploie son rythme et sa voix Rock, il vit sa musique dans la passion et l’énergie. Et cet anniversaire, c’est aussi le sien car cette formation est née pour animer les soirées country en Live le vendredi, puis s’est vue proposer une scène plus Rock pour certaines des soirées du samedi.

A la voix de Jo Dominici, à la guitare d’Antoine Beconcini, tous deux du groupe NAO, s’ajoute la basse de Jean Paul Peretti, le tout scandé sur le beat de drums bien mené de Pierre-Marie Orsini… Après avoir offert des morceaux Country et Blues aux danseurs de Line Dance, «The Band » se lance avec une maîtrise avérée dans LE répertoire Rock allant de Queen aux Stones en passant par les Doors ou Clapton avec un magnifique « Cocaine ». Une petite incursion chez les ZZ Top, une autre chez les Beatles… Et l’on est, le temps d’une soirée, aspirés dans le tourbillon du voyage Rock à l’abri de la grange et de ses alcôves sous la coursive. Sous le toit, un espace bar accueille des fondus de moto qui se réunissent autour d’un billard américain tandis qu’en bas se meuvent les danseurs.

Alain, c’est le créateur de ce lieu à son image, passionné, généreux, gourmand d’assouvir toutes ses passions en même temps, trop entier pour les vivre en se scindant dans une vie schizophrène. Au petit soin pour tous, visiteurs ou musiciens qu’il réhydrate régulièrement, pour leur permettre de mener à bien la performance de jouer et chanter non stop, avec toute la puissance de voix nécessaire à ce lieu haut en plafond, durant quasiment quatre heures. Et ils s’éclatent les musiciens ! Et ça se voit à l’énergie qu’ils déploient, toujours renouvelée, et à la vraie complicité qui les lie.

Voilà… c’est l’heure de quitter les lieux mais on sait déjà que l’on y reviendra…

 

Au programme du Dusty Rose Saloon dans les semaines à venir :

Vendredi 4 janvier, soirée Country

Samedi 5 janvier, soirée spéciale Brazil avec René Nunes et ses musiciens de Rio de Janeiro

Vendredi 11 janvier, soirée concours de Rodéo mécanique

Samedi 12 janvier le groupe anglais qui monte, les Clockworks sous le parrainage du Temple Café-concert qui les reçoit la veille, le 11 sur Ajaccio pour le bonheur des « sutanacci ».

 

Contacts :

Dusty Rose Saloon, RN 193 (avant Magic Stock) Borgo

Tel : 06 27 47 72 95

19 décembre 2012

CAFÉ DES SCIENCES

Publié par blog'in giru dans débats

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 AUTOUR D’UNE PROBLÉMATIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIETALE

LA CORSE, UNE ÎLE BIO ?

Un débat citoyen 

Enfin les universitaires et chercheurs décident de faire participer les citoyens que nous sommes aux grands débats qu’ils ont l’habitude d’éclairer de leurs lumières inaccessibles. Le Café des Sciences va nous impliquer d’avantage dans les décisions de demain en nous permettant de poser nos propres questions aux experts. Ainsi, la Fédération de Recherche Environnement et Société (regroupant les laboratoires CNRS de SPE et de LISA et les laboratoires INRA de Corte LRDE et de San Giuliano GEQA), l’Université de Corse Pasquale Paoli et la Meridiana (CCSTI de Corse) nous proposent leur collaboration pour une démarche innovante, le débat citoyen autour de thématiques scientifiques et sociétales à la fois.

Le débat organisé au café L’Oriente à Corte Lundi 17 décembre 2012s’est fait dans la pluridisciplinarité. Il s’agissait de s’intéresser à la fois à la qualité et la certif ication des produits issus de l’Agriculture Biologique en replaçant les enjeux et les obstacles dans le contexte de la Corse.

Pour éclairer nos modestes esprits les invités étaient de marque. Stéphane Bellon est spécialiste des productions biologiques et membre de l’INRA et de différentes instances nationales et européennes de l’Agriculture Biologique. Gilles Tison, a apporté son expertise quant à l’expérimentation en arboriculture en Corse. Thérèse Albertini nous a intéressés au marché Corse des produits bio.

Pour un élargissement des vues, étaient également invités les représentants des syndicats d’agriculteurs de Corse, un membre du SIVAM BIO de Corse et un membre de l’association UFC-Que choisir.

Questions à Stéphane Bellon :

1/ L’Agriculture Bio  est-elle ou pourrait-elle être un prototype de l’agriculture?

On ne peut pas parler d’une seule Agriculture Biologique car sa diversité va du minimum défini par le cahier des charge jusqu’à des options impliquant un changement en profondeur du système entier de production. Le modèle actuel, assez évolué, n’est pas définitif. Même son cadre d’exercice évolue par exemple au niveau européen. La notion de prototype n’est donc pas pertinente.

2/ L’Agriculture Biologique peut-elle nourrir le monde ?

S’intéresse-t-on aux quantités, à la répartition des biens produits, au mode de distribution ou aux capacités respectives d’achat de chaque pays ? Aux rendements ou aux problèmes qui résultent des pratiques agricoles en termes de protection de l’environnement ou de l’appauvrissement des terres arables ? Une méta-analyse réalisée en 2007 sur trente ans d’études concernant l’Agriculture Biologique met en évidence des problèmes en termes de consommation d’énergie puisqu’elle implique plus de labour qui est une pratique est couteuse en énergie. Quant au rendement, pour les productions telles que le raisin, l’optimum de mise en valeur d’un terrain n’est pas forcément au maximum de production qui se ferait au détriment de la qualité du produit.

3/ Existe-t-il des territoires passés entièrement à l’Agriculture Biologique ?

Dans la Drome (premier département pour les surfaces consacrées au Bio) on a mis en place une « biovallée » avec une communauté de commune volontaire : actuellement 20% des surfaces y sont consacrées au Bio avec une perspective à 50% en 2030.

La commune de Correns, elle, est la première commune Bio de France avec sa coopérative agricole bio, sa cantine Bio.

Les zones Bio peuvent devenir un système d’autant plus cohérent qu’elles risquent bientôt de s’imposer au dessus des zones de captage de l’eau pour éviter le coût de l’assainissement des eaux de boisson.

Questions à Gilles Tison :

1/ Les connaissances scientifiques et techniques permettent-elles de conduire les exploitations corses en Agriculture Biologique ?

En ce qui concerne l’arboriculture par exemple, on cherche à remplacer les engrais chimiques qui sont responsables de la dégradation des sols et de leur érosion. Le compost ou les engrais organiques capables de porter la même dose d’engrais ont un rendement équivalent. Par contre la question de l’enherbement au pied des arbres non traités aux herbicides doit être traitée de façon mécanique ce qui entraine là aussi des problèmes d’érosion du sol soumis aux forces mécaniques. Mais aujourd’hui les fournisseurs de matériels cherchent à s’adapter à ce nouveau marché et proposent ce qu’ils appellent un système Sandwich avec pousse d’herbe sous les arbres et une bande « propre » entre les rangs dégagée par des éléments mécaniques à même d’incorporer les engrais Bio. Les chercheurs s’attèlent à sélectionner les plantes les plus adaptées pour qu’elles puissent coloniser sans être envahissantes.

2/ Quels sont les obstacles principaux qui empêcheraient une conversion massive des agriculteurs ?

Il y a par exemple la question des insectes nuisibles. On peut utiliser des insecticides naturels mais cela reste un traitement insecticide. On peut rechercher des méthodes alternatives comme le piégeage massif des insectes qui élimine tout traitement par insecticide comme pour la pêche. Enfin on peut se tourner vers la lutte biologique avec l’acclimatation de l’ennemi spécifique du nuisible que l’on veut éliminer. Ce choix est délicat car il faut anticiper les conséquences d’utilisation d’une espèce avec les risques de déséquilibre des écosystèmes concernés. Mais ce type d’action peut provoquer l’apparition d’autres nuisibles qui étaient tenus à distance par les traitements et qui ne seront pas éliminés par la méthode alternative adoptée.

Enfin les obstacles peuvent être également organisationnels, la disponibilité des outils utilisés pouvant être un facteur limitant.

Questions à Thérèse Albertini :

Où en sont les consommateurs corses vis-à-vis du Bio ? L’image des produits locaux avec les jardins familiaux, la faible industrialisation et les circuits courts de vente directe ne détournent-ils pas les consommateurs corses des produits certifiés ?

La part des produits de l’Agriculture Biologique augmente régulièrement depuis sept ans avec de nouveaux consommateurs. Mais sur la Corse il y a un manque de données analysables. De plus l’offre y est inférieure à la demande. La facilité d’écoulement des produits n’incite pas à la mise en place d’études spécifiques pour connaître le consommateur potentiel.

Seules deux études sont disponibles. Celle de 2002 s’est intéressée au consommateur insulaire Bio. Elle a montré que le facteur limitant était principalement le prix, puis que la sensibilité au Bio n’était pas une priorité. La raison d’achat est d’abord la santé et non la préservation de l’environnement qui ne vient qu’en quatrième position. La seconde évoquée est le goût. Enfin l’idée que les productions du jardin sont des produits Bio et l’attachement aux produits régionaux font le reste.

En 2009, les professionnels ont été interrogés sur la consommation alimentaire infantile des enfants de quatre à trente-six mois. Cette étude a montré que l’enfant peut avoir un rôle de moteur dans la consommation des produits Biologiques et dans leur installation au sein de la famille.

D’autres études seraient nécessaires pour mieux mettre en place des stratégies marketing à l’attention des consommateurs corses ainsi que des campagnes de sensibilisations à l’alimentation Bio.

 

Le SIVAM BIO de Corse apporte des données supplémentaires : l’Agriculture Bio concerne environs 300 producteurs, 12 000 hectares et 6% des surfaces Agricoles. Les problématiques sont très différentes selon les filières. Par exemple, le traitement de la mouche de l’olive est un obstacle majeur à la conversion de la filière oléicole. Alors que l’AOC Farine de châtaigne est Bio. La filière des plantes aromatique est Bio dans sa totalité.

L’intervention d’un agriculteur recadre le débat sur des données très pratiques : les laiteries ne peuvent prétendre au label AB puisqu’elles déversent pour la plupart le sérum, très polluant dans les cours d’eau environnants. L’utilisation obligatoire d’hormones pour l’insémination artificielle en schéma de sélection des ovins de race corse invalide la candidature des exploitations concernées. De plus on ne peut pas mettre une pression supplémentaire sur l’ensemble des agriculteurs insulaires, leur nombre étant voué à se réduire puisqu’il n’y a que 4 installations pour 120 départs. Pour ce faire il faudrait des aides très incitatives en modulant par exemple la Dotation aux jeunes agriculteurs (DJA) selon les critères du cahier des charges Bio. L’enveloppe vouée aux conversions en Bio devrait également être augmentée.

Comme on peut le constater, les perspectives sont très différentes selon les points de vue, et ce sont les consommateurs que nous sommes qui feront pencher la balance par la modification significative ou non de notre mode de consommation : Serons nous demain des mangeurs Bio ou resterons nous des consommateurs intermittents ?

En posant ainsi le débat nous redevenons les acteurs principaux dans le monde que nous habitons.

Les questions évoquées à l’occasion de ce Café des Sciences risquent de continuer à nous interpeler sur le rôle majeur que nous jouons pour l’avenir de nos sociétés.

Contacts :

CCSTI de Corse, A Meridiana, tel : 04 95 46 00 83 www.ccsti-corses.asso.fr

FRES, università di Corsica, tel : 04 95 45 01 66 www.fres.univ-corse.fr

9 décembre 2012

LE TEMPLE CAFE-CONCERT

Publié par blog'in giru dans Non classé

Bourdieu sauve moi…

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Les Chippendales et leur public
(photo Christian Angeli).

PETITE ETUDE SOCIOLOGIQUE DU PUBLIC

DES CHIPPENDALES

A ma façon…  

Environ 140 réservations ont été réparties en tablées de trois à six femmes,  plus un groupe de vingt, pour la plupart d’âge hétérogène : on joue donc quasiment à guichet fermé ce soir !

Ce n’est pas pour ses assiettes appétissantes de Tapas en tous genres que Le Temple à Ajaccio reçoit ces femmes !! Peut-être pour la compagnie de ces jeunes serveurs sympathiques qui se démènent pour servir tapas et rafraichissements ?

Eh ! Non messieurs…désolée de paraître vous déprécier, mais si ces femmes sont là sans leur compagnon c’est pour …

Voilà ce que me suis mise en tête de découvrir, peut-être un bon prétexte pour assister à des soirées Chippendales…  Me voici donc partie à l’aventure, me proposant de décrypter les motivations d’un public ciblé, puisque composé exclusivement de femmes pour un spectacle très particulier qui  renverse l’ordre établi, pour un fois l’homme et non plus la femme étant ici objet mis en lumière dans la quasi nudité des corps bronzés et musclés.

 

Munie de mon carnet de notes, cet objet, à la fois passeport auprès du public et dans le même temps rempart qui me donne une certaine distanciation face à la situation, je me promène de table en table afin d’engager une étude originale, puisque jamais publiée : l’analyse sociologique du public des Chippendales en Corse.

Le Temple Café-concert à Ajaccio, un lieu me semblait-il tout spécialement approprié puisqu’il a la particularité d’être, une fois vidé de ses billards et paré de tables joliment dressées, le double issu de le métamorphose hebdomadaire d’une salle consacrée au jeu.

 

J’observe la composition de la salle : 3/5ème de femmes de moins de trente ans, 1/5 de femmes dans la trentaine et la quarantaine et le dernier 1/5ème dans la cinquantaine et plus.  Elles sont venues avec des copines, avec leur maman, ou même en groupe (constitué sur Face book).

J’interroge les motivations de ces dames avec l’idée d’y rencontrer de la transgression.

Mais non, c’est avant tout le lieu avec son équipe d’organisateurs qui a su séduire, par sa convivialité et son accueil. Le bouche à oreille a joué à plein et les premiers conquis par l’endroit ont entrainé dans leur sillage d’autres connaissances.

La curiosité est la seconde raison évoquée, et l’on réfute le fait de venir surtout entre filles, sans subir le regard réprobateur des hommes. Certaines disent que leur mari garde les enfants « comme d’habitude ». Les couples, la notion de famille et la répartition des rôles que chacun endosse auraient-ils plus évolué que je ne le croyais ?

On évoque aussi le fait de voir un spectacle encore rare en Corse, le désir d’une soirée de pure détente et de « rigolade », je rencontre ici un regroupement de commerçantes du quartier, une fête d’anniversaire pour les 25 ans d’une autre….

Soudain toutes se lèvent et entonnent le décompte qui ouvrira le rideau…Tension excitante …

D’emblée on est dans le spectacle, très pro et à la fois très « cabaret », décalé, qui se moque des codes comme dans ces soirées « travestis». C’est un vrai show. Tous le clichés sont au rendez-vous, et on en joue sciemment : Matrix, Alerte à Malibu, Tango, Samba, Cowboys. Ces Messieurs tout en muscles, tablettes de chocolat dessinées, campent des personnages, caricature d’eux-mêmes, et usent des artifices de sensualité (étalage de crème solaire en autre) tant éculés par la femme objet, mais avec ce sourire d’autodérision et qui rend chaque saynète amusante. Et chaque fois le public participe en figurantes consentantes.

Et puis vient l’entracte, on danse entre les tables, ce qui me permet de revenir auprès du public pour en connaître les impressions.

Or le discours a changé : s’il n’était en rien revendicatif, il devient à ce moment plus nuancé.

Devant le spectacle de ces corps masculins presque entièrement nus (mais pas complètement), les remarques sont notables : «On n’a pas les mêmes à la maison », « plaisir des yeux », « c’est bien de n’être qu’entre filles et de s’affranchir des tabous ».

Tiens donc, la même m’avait dit précédemment qu’elle n’en ressentait pas dans sa vie de femme ! Et l’on me parle de « regard coquin », « d’être un homme pour un soir ». L’une affirme que celles qui croient avoir la même liberté que les hommes se trompent ou se mentent à elle-même. « Ici, en Corse, il y a beaucoup de tabous concernant ce que peut faire une femme. »  Certaines nuancent ces regards en comparaison avec celui d’un homme qu’elles estiment « plus sexuel »

Le spectacle reprend, Brice de Nice se glisse au milieu de personnages très guerriers pour une nouvelle touche d’humour et toutes arborent un grand sourire. La soirée s’achève, on s’encanaille au jeu des « Danses privées » bien sages cependant.

Je retrouve l’équipe des organisateurs et danseurs. Je hasarde une question sur l’intérêt d’une salle qui n’est pas immense et je retrouve mis en avant le sérieux, le professionnalisme de l’équipe du Temple et, comme en début de soirée avec mon public féminin, surtout l’excellent accueil qui leur est fait, au point que ces Chippendales ont établi avec Le Temple Café-Concert un contrat (moral) d’exclusivité pour l’organisation de toutes leurs soirées à venir en Corse.

 

Cet endroit est décidément surprenant puisqu’il a aussi trouvé l’adhésion de Jean-Jacques Gristi, qui accompagne l’équipe dans son audacieux pari, offrir une scène à des concerts et spectacles éclectiques en donnant leur chance de se produire à Ajaccio à des jeunes talents en plein essor , « avant que leurs cachets ne soient plus abordables ». On y a déjà croisé les groupes Guest, Zero, Nevermind, Paul Mancini, le Jazz Band de Corse, Céline Caddeo, Tony Fallone, ainsi que les Anglais ClockWorks et Myles Sanko, deux vraies pépites !! A suivre.

Contact : Le Temple Café Concert : Rue de la Grande Armée, 20 000 Ajaccio
Téléphone :             04 95 10 19 39       du lundi au samedi de 7h à 2h du matin.

http://www.facebook.com/temple.cafeconcert

4 décembre 2012

VERS LE JEUNE PUBLIC

Publié par blog'in giru dans cinéma

LET’S TALK TOGETHER

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Rencontre avec David Mac Kenzie

 

LES SCOLAIRES

UNDER MY SCREEN

AU FESTIVAL DU FILM

ANGLAIS ET IRLANDAIS

Si le festival du film Anglais et Irlandais en est à sa saison 4, il continue à innover un peu plus tous les ans, en particulier à destination du jeune public.

Il faut savoir en effet que ce festival a la particularité de se soucier beaucoup de nos chers petits, puisque les élèves dans leur ensemble constitue un tiers du public du festival dont la majeure partie se concentre entre collégiens et lycéens.

Cette démarche d’ouverture vers ces tranches d’âges (allant en vérité des primaires aux étudiants universitaires), s’enrichit cette année de deux axes complémentaires et grandement imbriqués : la venue d’un réalisateur pour la première fois dans cette belle manifestation, et la création d’un nouveau jury et d’un nouveau prix, le prix pédagogique.

Ce sont cinq des professeurs d’anglais impliqués tout au long de ce festival avec leurs classes qui pourront dorénavant décerner ce prix et donner un  avis sur l’exploitation pédagogique qui peut être faite des différents films en compétition. A travers ce prix, ils contribueront à faire connaître les possibilités offertes par le cinéma en VO et à partager leur enthousiasme.

Cette année, et c’est une première, les organisateurs ont invité le réalisateur David Mac Kenzie qui participera à l’action auprès des scolaires du collège et du lycée en allant au-devant d’eux pour des rencontres dans les classes les plus impliquées. Les élèves auront préalablement visionné son dernier film, « Perfect sense, » autour duquel ils pourront échanger avec lui dans sa langue. La présence des professeurs facilitera la communication pour les élèves les moins aguerris. Ce type d’atelier donne tout son sens à l’apprentissage de la langue comme vecteur de communication immédiate.

A son retour David Mac Kenzie assure qu’il sera lui même un fervent ambassadeur de la langue corse en Ecosse.

Et les plus jeunes ? me direz-vous… Ils ne sont pas oubliés puisque le festival leur a réservé un film d’animation dont l’actualité coule de sens : « Mission Noël », ce qui va permettre à 440 écoliers de se joindre à la manifestation sur le temps scolaire. Pour ce public le film sera diffusé en français.

Des facilités ayant été aménagées tant pour le prix des places que pour l’organisation d’un planning pour permettre aux scolaires de visionner l’ensemble des films en compétition,  le festival du film anglais et irlandais aura touché cette année 2000 scolaires.  Venus en nombre, les élèves décerneront eux aussi leurs prix : les collégiens distingueront les meilleurs décors tandis que les lycéens primeront la meilleure musique. Fort de cette motivation supplémentaire, on peut gager que les plus jeunes sauront en retour intéresser les adultes qui ne connaîtraient pas  encore ce festival qui a déjà tout d’un grand.

 

En pratique : 1au 9 Décembre 2012, Palais des Congrès et des expositions d’Ajaccio

http://www.under-my-screen.com/informations-pratiques/

Association “CORSICA FILM FESTIVALS”,

 Téléphone :  06 23 70 72 75

 

3 décembre 2012

CINEMA

Publié par blog'in giru dans cinéma

UNDER MY SCREEN :

                                                                                                         CINEMA dans cinéma oh-my-god-affiche1-201x300

FESTIVAL DU FILM ANGLAIS ET IRLANDAIS

OH ! MY GOD

Ouverture jouissive de la saison 4

DES IDÉES ET DU RIRE

C’est un film en costumes qui nous propose une reconstitution assez rigoureuse de la période Victorienne mais que voilà pervertie immédiatement par un rythme peu commun d’humour et de surprises !!

Oh ! MY GOD est le titre français, le titre anglais étant Hysteria… et pour cause ! Le thème en est l’hystérie féminine comme maladie symptomatique des tabous  concernant la sexualité des femmes dans cette Angleterre de la fin du XIXéme siècle.

En effet, pas d’épanouissement au programme, le désir d’émancipation des femmes y aura besoin de beaucoup de temps pour s’y exprimer !!

 

Sujet sérieux vous direz-vous, et c’est bien vrai !!

Mais dès les premières images, les visages et les dialogues se succèdent à un rythme soutenu pour nous dépeindre les atermoiements de ces bourgeoises qui égrènent leurs fantasmes. Du croustillant.

La peinture de la médecine de cette époque n’en est pas moins sérieuse et…loufoque !

Oui, il peut nous sembler dingue aujourd’hui que le diagnostique des insatisfactions féminines bourgeoises fusse, je cite : « un utérus suractif » !! Alors que le bon sens du pauvre lui fait affirmer que « les femmes aiment l’humour et la bite raide » !!

Le film est servi par un casting féminin époustouflant, des situations complètement décalées dans les dialogues, dont une séance médico-masturbatoire jubilatoire et des ruades chevalines. Sans compter avec le personnage de « Molly la sucette », Que du bonheur !!!

La peinture de la science en marche est également l’occasion de trouvailles d’humour…

D’un point de vue esthétique, rien ne manque, chaque scène est digne d’un tableau, et chaque peinture au mur est un personnage de plus à la galerie de portraits !! Une joie !!

Vous trouvez peut-être que j’abuse des points d’exclamation ? Je vous certifie que non, mes zygomatiques bloqués vers le haut m’ont assuré du contraire ! (Tenez, encore un). Et pour ne pas vous déflorer, si j’ose dire les pépites du film, je ne vous dévoilerai pas tout ce qui a fait rire la salle aux éclats !

Un seul conseil : Allez-y ! Que du bonheur !

 

En pratique : 1au 9 Décembre 2012, Palais des Congrès et des expositions d’Ajaccio        http://www.under-my-screen.com/informations-pratiques/

Association “CORSICA FILM FESTIVALS”,  Téléphone :  06 23 70 72 75

3 décembre 2012

THEATRE DE BASTIA

Publié par blog'in giru dans concerts, pop rock electro

LE GROUPE QUI MONTE

                                                                                        THEATRE DE BASTIA dans concerts studio-paradise-21-300x199

STUDIO PARADISE

Un spectacle « Tous En Scène »

UN CONCERT

Oui, en scène, nous l’étions tous !… dans l’intimité du groupe  Studio Paradise. C’est un public jeune qui rejoint l’avant scène pour vivre de près la prestation   de ce groupe Pop Electro composé de Francè Vivarelli, Grégoire Seidel, David Cabannes, Thomas Pégorier et Laurent Gueirard, et qui a sorti le 26 mars dernier son premier EP.

Et comme s’ils avaient ce don de transmutation si particulier aux artistes de scène,

voilà qu’ils donnent à cet espace de 150 places  l’envergure du théâtre tout entier. De suite, la voix haute et sensuelle de Francè se mêle aux guitares, basses et synthé aux accents parfois psychédéliques rythmés par l’accompagnement d’un drum électro rock.

Si l’on sent des influences, des références (Blur, LCD Sound System…), les morceaux ont un cachet très personnel avec un son pop électro qui dessine son propre paysage. Autres de leurs forces : des mélodies universelles et leur maîtrise du songwriting. Les cinq jeunes bien léchés de STUDIO PARADISE proposent une musique particulièrement ouverte et affectionnent perfection et efficacité comme avec « Baby Girl » qui franchement vous embarque !!

La municipalité de Bastia ne s’y est pas trompée puisque c’est à son initiative que Francè et ses potes sont venus s’y produire. En effet, si le groupe était déjà venu en Corse au Cargese Sound System cet été, c’était une première à Bastia. Et le public était au rendez-vous !

 

UNE RENCONTRE

Après cette belle prestation, me voici avec ces cinq complices qui enrichissent mes impressions des anecdotes de leurs parcours.

Formé à Marseille en 2001 par la rencontre Francè et Sébastien, deux étudiants Corses, Studio Paradise doit son nom à leur squat rue Paradis et au chef d’œuvre de Brian De Palma, « Phantom of the Paradise ». S’étant sentis immédiatement sur la même longueur d’onde les deux compères entament huit années de composition en catimini pour enfin trouver leur son abouti, leur première maturité. Parti à Paris en 2010 et séparénde son alter ego, Francè finit de construire le line up, aidé par Thomas dont l’amitié remonte à l’époque Marseillaise. Enfin c’est par annonce que David, Greg et Laurent rejoignent la formation. Laurent sans le savoir allait rejoindre Francè, camarade de classe de CM2 à Bastia.

De nombreuses scènes parisiennes (Elysée Montmartre, Bus Palladium, Alhambra, Gibus, Divan du monde, …) les remarquent. Et le groupe trouve une belle reconnaissance en 2010 avec une seconde place au concours Emerganza (sur 1200), puis un an plus tard quand sa reprise de « I Am the Walrus » des Beatles est sélectionnée par Béatrice Ardisson qui l’intègre à sa compilation « Beatles Mania ».
En 2011 vient le tournant décisif : l’enregistrement d’un premier EP : cinq titres très maîtrisés, qui posent le professionnalisme de ce groupe et ouvre à Studio Paradise un avenir prometteur. Pour accompagner la sortie de son premier EP, Studio Paradise se dote en février d’un projet de financement de clip vidéo pour mettre en images « Crazy Situation », et enrichir son univers musical. En quelques semaines, le groupe obtient la totalité du financement nécessaire.
Enfin 2012 est l’année de la signature avec TS3 pour les tournées et l’édition. Le clip,  réalisé par le collectif marseillais Videodrome, qui a déjà collaboré avec Ben L’Oncle Soul et Christophe Maé, le clip de « Crazy Situation », est très esthétique et propose un univers original.

Francè et ses comparses m’ont confié que le groupe est très prolixe et que leur travail d’aujourd’hui est d’approfondir ces premiers jets en allant vers plus d’électro et plus de profondeur, en vue d’un album en 2013.

Francè m’avoue également que, s’il ne lui semble pas naturel de chanter sur ces mélodies en Français, il est tenté par l’expérience de la langue Corse…

Ho ho !!… Ma curiosité est piquée !! Suivons les, ces jeunes gens !!!

Contacts :

http://www.studioparadisemusic.com /

http://www.twitter.com/StudioParadise

http://www.myspace.fr/studioparadise


 

3 décembre 2012

EXPERIMENTATION A L’AGHJA

Publié par blog'in giru dans concerts, musique corse expérimentale, pop rock electro
Langue corse et musiques actuelles
EXPERIMENTATION A L'AGHJA dans concerts tra-modi-photo2-300x200

le 24 Novembre 2012 à l'Aghja

TRA MONDI

Atelier Pierre Gambini

 

Da u passatu à l’avvene, da le campagne prufonde sin’à l’Aghja, ssa scena oghjinca è prugressista, iè, ghjè u passaghju trà mondi

Cet atelier de création visait à produire des rencontres entre la langue corse et les musiques d’aujourd’hui, Rap, Slam, Pop, Folk, Rock, Electro.

Ne soyons pas étonnés que cette expérience tant attendue ait lieu sur cette scène là. Et seul Pierre Gambini pouvait en être l’initiateur. Quelle réussite ! Chè incantu !

Initier, encourager, accompagner des musiciens contemporains n’ayant jamais chanté corse vers une appropriation de la langue en gardant leur spécificité, leur couleur propre, c’est le pari gagnant de Pierre Gambini, toujours innovant, toujours très disponible malgré l’hyperactivité dont il fait preuve.

La transmission est double : faire vivre notre culture dans sa richesse, puiser dans le patrimoine qui est le notre, dans toute sa dimension sociale, avec ses vocere, ses lamenti, ses nanne, et partager une expérience acquise aujourd’hui dans le domaine de la musique contemporaine aussi bien au théâtre, à la télévision, au cinéma ou sur les scènes parisiennes dans sa collaboration avec Nano, c’est être le passeur pour ces artistes vers des registres si peu explorés jusqu’alors en corse, Pop, Rock, Electro, Rap…

Pour interpréter ses différentes adaptations Pierre Gambini a choisi René Bertrand  (U2 Tribute),  Olivier Karol ,  Philippe Ferrer  (Mr Pop),  Jacky Le Menn  (Jakez Orkeztra), Sabrina Saraïs  (Manât),  Sampiero,  Michaël Allegre (LGDB) et leur a proposé un travail en atelier d’une durée de deux semaines. Ils y ont peaufiné  une production originale où les mots sont sans âge et les sonorités si jeunes. Cette quinzaine s’est conclue par une présentation sur la scène de l’Aghja le 24 novembre. Le public était au rendez-vous pour une soirée riche en surprises et d’une grande qualité musicale. Un coup de cœur particulier pour une fabuleuse interprétation de « Lettera à Mamma » par le chanteur du groupe U2 Tribute qui est venue chambouler ma représentation personnelle de ce chant boulversant.

J’en frémis encore… Merci.

A enregistrer très vite sans laisser refroidir !

 

Contacts :

http://www.pierregambini.com/

L’Aghja & Théâtre Point, 6 chemin de Biancarello, 20090 Ajaccio
Tél: 04.95.20.41.15  Tél: 04.95.10.11.30      Fax: 04.95.20.42.92

E-mail: aghja@orange.fr
theatrepoint@wanadoo.fr

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